Petite expérience pharmaco-mycologique
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Bonjour,
Plusieurs propos tenus sur la "compétence" des pharmaciens en matière de mycologie m'ont remis en mémoire une petite expérience à laquelle mon défunt frère et moi-même nous nous étions livrés en 1990.
Prétextant ne rien connaître aux champignons nous avions récolté 6 espèces fongiques banales et sommes allé présenter nos récoltes dans 3 pharmacies en 3 communes différentes.
Voici les résultats (on notera que les déterminations ont toutes été faites à l'aide d'ouvrages, devant nous ou le lendemain pour l'un de ces praticiens):
Nos conclusions : un verdict à l'encontre des pharmaciens "testés" assez éloigné du terme d'avertis en la matière ...
Mais il est évident que la portée de cette expérience est beaucoup trop restreinte pour en tirer conclusion et nous connaissons nombre de pharmaciens qui sont d'excellents mycologues.
Nous avons été surpris par le fait que 2 de ces apothicaires nous ont renvoyé à un quidam local censé bien connaître les champignons.
A porter cependant à l'actif de ces pharmaciens que chacun a gentiment accepté d'avoir été "testé" quand ils apprirent que nous étions mycologues.
Il semble intéressant d'apporter quelques précisions à propos de l'intérêt que les pharmaciens nous ont dit porter aux champignons:
"A" : s'estime informé mais invoque le manque de temps pour "se refaire la main".
Nous renvoie à un tiers soi-disant compétent (qui s'avèrera être le meilleur …mycophage du village).
"B" : nous dit ne porter aucun intérêt aux champignons et ajoute "ce n'est pas parce qu'on a une planche sur les champignons en vitrine qu'on les connaît monsieur…".
Nous renvoie également à un quidam soi-disant informé…
"C": dit avoir des compétences moyennes.
A noter que le pharmacien "A" est allé dès le lendemain procéder à une grosse cueillette qu'il a soumise à nos déterminations en présence de son personnel.
Quant à la pharmacienne de l'officine "C", elle décida de parfaire ses connaissances en mycologie et nous accompagna plusieurs années sur le terrain.
En conclusion on peut raisonnablement penser que, quelque soient les compétences des pharmaciens en matière de mycologie, ils sauront aider les médecins à nous soigner, si nous-mêmes, prétentieusement qualifiés de mycologues, nous nous intoxiquions….
André
(Extrait de : André Fournier. Champignons : peut-on faire confiance aux pharmaciens ? Bul. Société Mycologique du Nord. N° 54. Année 1993. Fasc. 2. P. 43-47).
Plusieurs propos tenus sur la "compétence" des pharmaciens en matière de mycologie m'ont remis en mémoire une petite expérience à laquelle mon défunt frère et moi-même nous nous étions livrés en 1990.
Prétextant ne rien connaître aux champignons nous avions récolté 6 espèces fongiques banales et sommes allé présenter nos récoltes dans 3 pharmacies en 3 communes différentes.
Voici les résultats (on notera que les déterminations ont toutes été faites à l'aide d'ouvrages, devant nous ou le lendemain pour l'un de ces praticiens):
Nos conclusions : un verdict à l'encontre des pharmaciens "testés" assez éloigné du terme d'avertis en la matière ...
Mais il est évident que la portée de cette expérience est beaucoup trop restreinte pour en tirer conclusion et nous connaissons nombre de pharmaciens qui sont d'excellents mycologues.
Nous avons été surpris par le fait que 2 de ces apothicaires nous ont renvoyé à un quidam local censé bien connaître les champignons.
A porter cependant à l'actif de ces pharmaciens que chacun a gentiment accepté d'avoir été "testé" quand ils apprirent que nous étions mycologues.
Il semble intéressant d'apporter quelques précisions à propos de l'intérêt que les pharmaciens nous ont dit porter aux champignons:
"A" : s'estime informé mais invoque le manque de temps pour "se refaire la main".
Nous renvoie à un tiers soi-disant compétent (qui s'avèrera être le meilleur …mycophage du village).
"B" : nous dit ne porter aucun intérêt aux champignons et ajoute "ce n'est pas parce qu'on a une planche sur les champignons en vitrine qu'on les connaît monsieur…".
Nous renvoie également à un quidam soi-disant informé…
"C": dit avoir des compétences moyennes.
A noter que le pharmacien "A" est allé dès le lendemain procéder à une grosse cueillette qu'il a soumise à nos déterminations en présence de son personnel.
Quant à la pharmacienne de l'officine "C", elle décida de parfaire ses connaissances en mycologie et nous accompagna plusieurs années sur le terrain.
En conclusion on peut raisonnablement penser que, quelque soient les compétences des pharmaciens en matière de mycologie, ils sauront aider les médecins à nous soigner, si nous-mêmes, prétentieusement qualifiés de mycologues, nous nous intoxiquions….
André
(Extrait de : André Fournier. Champignons : peut-on faire confiance aux pharmaciens ? Bul. Société Mycologique du Nord. N° 54. Année 1993. Fasc. 2. P. 43-47).
Nous avons été surpris par le fait que 2 de ces apothicaires nous ont renvoyé à un quidam local censé bien connaître les champignons.J'ai mieux. Un pharmacien de Baume, aujourd'hui en retraite, disait systématiquement à ses clients qu'ils gardaient les champignons pour les étudier au microscope afin de détermination sûre. Les dits client étaient invités à venir rechercher les champignons le lendemain...
Le soir, ils étaient chez moi !
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Bonjour
Je trouve ce jour veille de Toussaint (sic) une jolie perle sur le site d'un... pharmacien ([Edit] Nom supprimé par l'admin, par respect de la personne et de sa profession) :
Rubrique "Comment les préparer",Girolles et Trompettes-de-la-mort :
- Passer sous un filet d'eau froide en insistant sur les lamelles pour les débarrasser des débris et brindilles.
Nous voilà rassurés, les Girolles et Trompettes ont bien des lamelles. C'est un pharmacien qui nous le dit...
JF
Je trouve ce jour veille de Toussaint (sic) une jolie perle sur le site d'un... pharmacien ([Edit] Nom supprimé par l'admin, par respect de la personne et de sa profession) :
Rubrique "Comment les préparer",Girolles et Trompettes-de-la-mort :
- Passer sous un filet d'eau froide en insistant sur les lamelles pour les débarrasser des débris et brindilles.
Nous voilà rassurés, les Girolles et Trompettes ont bien des lamelles. C'est un pharmacien qui nous le dit...
JF
Vous êtes durs... et drôles...
Dans ma petite ville, entourée de forêts, nous avons proposé aux pharmaciens qui le souhaitaient ( il y a qcq années de cela ), de passer 2-3 heures avec eux le lundi matin, pendant la période de pousse, 1er septembre-15 octobre.
7 pharmaciens et préparateurs ont répondu favorablement, et ont participé dans la mesure de leurs disponibilités. les jeunes étaient plus volontaires et moins gênés de montrer qu'il leur restait très peu de choses de leurs études. Cela a concerné un petit tiers environ des personnes contactées, et pas toutes les officines.
Nous faisions 1 heure dans les bois autour de la ville, puis nous discutions.
Ça a été une intéressante activité, qui nous a laissés en très bons termes avec ces gens-là.
Néanmoins, encore maintenant, nombreux sont ceux qui refusent de donner un avis quelconque sur la comestibilité des champignons qu'on leur présente. Et les demandes sont fréquentes.
L'idée du pharmacien mycologue a la vie dure.
Ton histoire est livresque Verarl...
jean pierre
Dans ma petite ville, entourée de forêts, nous avons proposé aux pharmaciens qui le souhaitaient ( il y a qcq années de cela ), de passer 2-3 heures avec eux le lundi matin, pendant la période de pousse, 1er septembre-15 octobre.
7 pharmaciens et préparateurs ont répondu favorablement, et ont participé dans la mesure de leurs disponibilités. les jeunes étaient plus volontaires et moins gênés de montrer qu'il leur restait très peu de choses de leurs études. Cela a concerné un petit tiers environ des personnes contactées, et pas toutes les officines.
Nous faisions 1 heure dans les bois autour de la ville, puis nous discutions.
Ça a été une intéressante activité, qui nous a laissés en très bons termes avec ces gens-là.
Néanmoins, encore maintenant, nombreux sont ceux qui refusent de donner un avis quelconque sur la comestibilité des champignons qu'on leur présente. Et les demandes sont fréquentes.
L'idée du pharmacien mycologue a la vie dure.
Ton histoire est livresque Verarl...
jean pierre
Modifié en dernier par morvanjp le 04 nov. 2011, 14:38, modifié 1 fois.
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- Nom : Laurent Francini
- Association : LA CHANTERELLE DE VILLE-LA-GRAND
- Localisation : La Yaute - Haute-Savoie (la «vraie» Savoie) ;-)
Je connais ô combien cette problématique, ma femme étant pharmacien
.
Par contre, elle, elle a souhaité parfaire ses études en faisant une année de formation spéciale en mycologie. Depuis 1984, elle a suivi un stage mycologique par an et a fréquenté assidûment une société mycologique. Depuis 1993, désormais, elle me connaît.
Elle est parfaitement consciente que les pharmaciens ne savent pas grand-chose en mycologie, et que ce n'est sûrement pas entièrement de leur faute. Mais c'est ainsi, que ce soit à la radio ou dans les journaux, en automne, si le grand public trouve des champignons, c'est vers les pharmaciens qu'on les oriente. Un peu comme le Grand Sorcier du XXIe siècle. Mais JAMAIS, on n'entend dire «portez vos champignons à la société mycologique la plus proche». A croire que l'on sent l'oignon...
Nous aussi, on s'est amusés à tester les pharmacies locales... Incroyable le nombre de fois où l'on aurait pu s'empoisonner. C'est grave...
Par contre, elle, elle a souhaité parfaire ses études en faisant une année de formation spéciale en mycologie. Depuis 1984, elle a suivi un stage mycologique par an et a fréquenté assidûment une société mycologique. Depuis 1993, désormais, elle me connaît.
Nous aussi, on s'est amusés à tester les pharmacies locales... Incroyable le nombre de fois où l'on aurait pu s'empoisonner. C'est grave...
http://www.francini-mycologie.fr/index.html • Myco-botaniste passionné! • Nikon D90 - F-S DX 18-200 mm f:3,5/5,6 G ED VRII - AF-S Nikkor 105 mm macro f:2.8 G ED - Micro Nikkor 60 mm f:2.8
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- Enregistré le : 06 nov. 2011, 11:59
Bonjour, ces messages à propos des pharmaciens me rappellent une mésaventure qui aurait pu s'avérer dramatique, survenue une trentaine d'années auparavant alors que mes connaissances mycologiques en étaient à leurs premiers balbutiements.
Ayant trouvé après de fortes pluies, dans une prairie, de beaux petits carpophores d'un aspect très engageant qui me laissaient à penser à lepista sordida, j'étais tenté de goûter à ma cueillette, mais pour confirmer mon analyse je portai ma récolte à la pharmacie la plus proche. La personne qui l'examina, le préparateur, m'affirma qu'il avait vu cette espèce à plusieurs reprises, qu'il n'était pas en mesure de lui donner on nom, mais que c'était un excellent comestible que je pouvais consommer sans crainte.
Le soir même, mon épouse en cuisina les deux tiers. Au moment de les manger, les descriptions des syndromes d'intoxications lues dans différents ouvrages de mycologie me revinrent en mémoire, le fait que ces carpophores n'aient pas été clairement identifiés et la stupidité de prendre de gros risques pour un tout petit plaisir gustatif stoppèrent net mes élans gourmands. La préparation culinaire prit le chemin de la poubelle. Le lendemain, je me rendais dans une exposition mycologique avec le tiers restant. Ma récolte clairement déterminée s'avéra être clitocybe dealbata. J'ai depuis changé de pharmacie ce qui m'a permis de rencontrer des pharmaciens passionnés par le sujet qui n'affirmaient rien à la légère
et d'autres qui avaient l'intelligence de ne pas se prononcer si la question dépassait leurs compétences.
Ayant trouvé après de fortes pluies, dans une prairie, de beaux petits carpophores d'un aspect très engageant qui me laissaient à penser à lepista sordida, j'étais tenté de goûter à ma cueillette, mais pour confirmer mon analyse je portai ma récolte à la pharmacie la plus proche. La personne qui l'examina, le préparateur, m'affirma qu'il avait vu cette espèce à plusieurs reprises, qu'il n'était pas en mesure de lui donner on nom, mais que c'était un excellent comestible que je pouvais consommer sans crainte.
Le soir même, mon épouse en cuisina les deux tiers. Au moment de les manger, les descriptions des syndromes d'intoxications lues dans différents ouvrages de mycologie me revinrent en mémoire, le fait que ces carpophores n'aient pas été clairement identifiés et la stupidité de prendre de gros risques pour un tout petit plaisir gustatif stoppèrent net mes élans gourmands. La préparation culinaire prit le chemin de la poubelle. Le lendemain, je me rendais dans une exposition mycologique avec le tiers restant. Ma récolte clairement déterminée s'avéra être clitocybe dealbata. J'ai depuis changé de pharmacie ce qui m'a permis de rencontrer des pharmaciens passionnés par le sujet qui n'affirmaient rien à la légère
et d'autres qui avaient l'intelligence de ne pas se prononcer si la question dépassait leurs compétences.
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- Enregistré le : 04 juin 2008, 20:57
Bonjour, N' êtes vous pas un peu trop sévères vis à vis de nos pharmaciens? Je pense que leurs études les conduisent plus vers l' étude des différents syndrômes,des intoxications,des mycoses, l' utilisation des champignons en thérapeutique etc. La détermination est finalement d' un intérêt réduit pour la plupart d' entre eux.Les hôpitaux ont d' ailleurs, j'imagine des spécialistes de référence à qui s' adresser, ne fussent que les centres antipoisons et l' accès à des mycologues de haut vol attachés aux hôpitaux universitaires.
Cordialement.
Pierre.
Cordialement.
Pierre.
Bonjour,
Je suis pharmacien et mycologue amateur depuis une douzaine d'années et j'ose espérer que si André retentait son opération de testing dans les officines du Nord-Pas de Calais, le résultat serait plus honorable pour la profession. S'il est vrai que "l'ancienne génération" de pharmaciens quittait bien souvent la fac avec un bagage mycologique plutôt restreint, les pharmaciens diplômés plus récemment (à la fac de Lille tout au moins) ont eu en plus des cours magistraux, des sorties sur le terrain, des enseignements dirigés en petit groupes et des séances de microscopie qui leur donnent un minimum de connaissances à la sortie. Chaque année, Regis Courtecuisse et Pierre-Athur Moreau encadrent un certain nombre d'étudiants qui choisissent de soutenir une thèse d'exercice en mycologie ce qui fait autant de pharmaciens capables de déterminer (au moins le nom de genre) les espèces qu'on leur apporte.
Je tiens à ajouter que parfois les intoxications aux champignons sont aussi dues à l'entêtement à vouloir consommer sa récolte. Il y a dans la région Nord-PdC un certain nombre de personnes qui consomment des paxilles (des girolles ed'terril en ch'ti ) et vous avez beau les mettre en garde contre la consommation de champignon, rien n'y fait !
Gregory Vanhove
Je suis pharmacien et mycologue amateur depuis une douzaine d'années et j'ose espérer que si André retentait son opération de testing dans les officines du Nord-Pas de Calais, le résultat serait plus honorable pour la profession. S'il est vrai que "l'ancienne génération" de pharmaciens quittait bien souvent la fac avec un bagage mycologique plutôt restreint, les pharmaciens diplômés plus récemment (à la fac de Lille tout au moins) ont eu en plus des cours magistraux, des sorties sur le terrain, des enseignements dirigés en petit groupes et des séances de microscopie qui leur donnent un minimum de connaissances à la sortie. Chaque année, Regis Courtecuisse et Pierre-Athur Moreau encadrent un certain nombre d'étudiants qui choisissent de soutenir une thèse d'exercice en mycologie ce qui fait autant de pharmaciens capables de déterminer (au moins le nom de genre) les espèces qu'on leur apporte.
Je tiens à ajouter que parfois les intoxications aux champignons sont aussi dues à l'entêtement à vouloir consommer sa récolte. Il y a dans la région Nord-PdC un certain nombre de personnes qui consomment des paxilles (des girolles ed'terril en ch'ti ) et vous avez beau les mettre en garde contre la consommation de champignon, rien n'y fait !
Gregory Vanhove
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