Bolet insolite
Rubrique pour apprendre en s'amusant. On poste des photos de champignons déjà déterminés sans en donner le nom...
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Voici comme promis une description plus complète de cette récolte insolite... en fait je reprends quasiment mot pour mot la description d'un collègue de l'AMO :
Bolet qui possède certains caractères communs avec les Leccinum, comme l'aspect et la teinte de la cuticule, et surtout les différentes réactions de la chair :
- Le chapeau velouté, rouge brique, fait penser à L. aurantiacum (= L. quercinum). Dans cette récolte, celui-ci est plat à tous les stades de développement, la marge souvent débordante.
- Les pores sont crème, puis jaunâtres, noircissant au frottement.
- A la coupe, la chair blanche rosit légèrement, grisonne, puis noircit au frottement. La réaction au Fe est bleu-vert vif et rapide.
- Habitat : tous les exemplaires ont été récoltés dans un pré, sous un chêne pédonculé, en terrain argileux. Plusieurs autres poussées ont eu lieu sous ce chêne. Des Leccinum aurantiacum tout à fait typiques poussaient en mélange.
C’est bien sûr le pied qui est étonnant : il est toujours massif, ventru-obèse et presque toujours radicant, pratiquement lisse (non raboteux), dépourvu de mèches ou squames visibles à l’œil nu. Cependant, à la loupe, on aperçoit tout de même de nombreuses ponctuations brunes, mais non denses. Chaque ponctuation est prolongée d’un poil très court et très fin.
Bolet qui possède certains caractères communs avec les Leccinum, comme l'aspect et la teinte de la cuticule, et surtout les différentes réactions de la chair :
- Le chapeau velouté, rouge brique, fait penser à L. aurantiacum (= L. quercinum). Dans cette récolte, celui-ci est plat à tous les stades de développement, la marge souvent débordante.
- Les pores sont crème, puis jaunâtres, noircissant au frottement.
- A la coupe, la chair blanche rosit légèrement, grisonne, puis noircit au frottement. La réaction au Fe est bleu-vert vif et rapide.
- Habitat : tous les exemplaires ont été récoltés dans un pré, sous un chêne pédonculé, en terrain argileux. Plusieurs autres poussées ont eu lieu sous ce chêne. Des Leccinum aurantiacum tout à fait typiques poussaient en mélange.
C’est bien sûr le pied qui est étonnant : il est toujours massif, ventru-obèse et presque toujours radicant, pratiquement lisse (non raboteux), dépourvu de mèches ou squames visibles à l’œil nu. Cependant, à la loupe, on aperçoit tout de même de nombreuses ponctuations brunes, mais non denses. Chaque ponctuation est prolongée d’un poil très court et très fin.
L'amanite phalloïde a mauvaise réputation.
C'est pourtant l'un des rares champignons qui soit capable d'abréger les souffrances des myopathes.
Pierre Desproges
C'est pourtant l'un des rares champignons qui soit capable d'abréger les souffrances des myopathes.
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Bon... mon bolet insolite ne déchaine pas les foules... pourtant, la suite est intéressante.
Un exemplaire a été expédié à Giampaolo Simonini, mycologue italien spécialiste des bolets, pour étude micro.
Il a effectué une comparaison des spores et des pileipellis, avec des mesures biométriques précises, sur des spécimens de ce Leccinum sp. et des spécimens de Leccinum quercinum (=L. aurantiacum).
Les spores semblent identiques à celle des Leccinum aurantiacum.
Par contre, les éléments terminaux du pileipellis sont très différents.
Selon lui, seule une analyse moléculaire permettra d'apporter une réponse définitive. Il soupçonne qu'il s'agit très probablement d'une nouvelle espèce.
Un échantillon a été envoyé au Muséum National pour séquençage. J'ai présenté cette récolte à notre ami Jürgen qui soupçonne une forme aberrante de L. aurantiacum et nous précise que le séquençage des Leccinum est complexe.
Je me suis donc tourné vers un mycologue, microbiologiste et généticien de formation... pour interpréter les résultats du séquençage.
La recherche par BLAST de GenBank pointe vers Leccinum aurantiacum, ce qui confirme qu'il s'agit bien d'une espèce apparentée.
Il ajoute ceci : l'analyse des séquences dans GenBank de L. aurantiacum montre des différences entre les exemplaires séquencés qui sont de l'ordre de celles retrouvées entre espèces différentes, suggérant fortement que L. aurantiacum est un complexe d'espèces cryptiques.
Citant par exemple deux variétés Leccinum aurantiacum var. pallidipes et Leccinum aurantiacum var. intermedium qui seraient à la limite d'être deux espèces.
Un exemplaire a été expédié à Giampaolo Simonini, mycologue italien spécialiste des bolets, pour étude micro.
Il a effectué une comparaison des spores et des pileipellis, avec des mesures biométriques précises, sur des spécimens de ce Leccinum sp. et des spécimens de Leccinum quercinum (=L. aurantiacum).
Les spores semblent identiques à celle des Leccinum aurantiacum.
Par contre, les éléments terminaux du pileipellis sont très différents.
Selon lui, seule une analyse moléculaire permettra d'apporter une réponse définitive. Il soupçonne qu'il s'agit très probablement d'une nouvelle espèce.
Un échantillon a été envoyé au Muséum National pour séquençage. J'ai présenté cette récolte à notre ami Jürgen qui soupçonne une forme aberrante de L. aurantiacum et nous précise que le séquençage des Leccinum est complexe.
Je me suis donc tourné vers un mycologue, microbiologiste et généticien de formation... pour interpréter les résultats du séquençage.
La recherche par BLAST de GenBank pointe vers Leccinum aurantiacum, ce qui confirme qu'il s'agit bien d'une espèce apparentée.
Il ajoute ceci : l'analyse des séquences dans GenBank de L. aurantiacum montre des différences entre les exemplaires séquencés qui sont de l'ordre de celles retrouvées entre espèces différentes, suggérant fortement que L. aurantiacum est un complexe d'espèces cryptiques.
Citant par exemple deux variétés Leccinum aurantiacum var. pallidipes et Leccinum aurantiacum var. intermedium qui seraient à la limite d'être deux espèces.
L'amanite phalloïde a mauvaise réputation.
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Pierre Desproges
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Pierre Desproges
Intéressant... Je ne suis jamais allé aussi loin dans la prise en compte des variétés à l'intérieur de l'espèce, m'arrêtant à la distinction par les arbres hôtes et la couleur des mèches. Pas très réjouissant pour l'identificateur si on rajoute encore des bolets orangés à une liste déjà fournie : encore un groupe qu'on ne pourra identifier que par séquençage... ? 
Appareil photo : Fujifilm X-S10 (hybride à capteur APS-C)
Objectifs : Sigma 18-50mm f/2,8 + Fuji XF 60mm f/2,4 + Tamron 90mm f/2,8 Macro + Sigma 150mm f/2,8 Macro
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Objectifs : Sigma 18-50mm f/2,8 + Fuji XF 60mm f/2,4 + Tamron 90mm f/2,8 Macro + Sigma 150mm f/2,8 Macro
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Bonjour à tous, j'ai toujours pensé que ce groupe, en plus d'être diabolique, comprenait beaucoup plus d'espèces qu'il n'en était décrit. Mais je rejoins Thomas, s'il faut passer par le laboratoire pour déterminer des trucs comme ça sur le terrain, ça va être compliqué de mettre un nom sur nos récoltes. On mettra un cf. à chaque fois… 
http://www.francini-mycologie.fr/index.html • Myco-botaniste passionné! • Nikon D90 - F-S DX 18-200 mm f:3,5/5,6 G ED VRII - AF-S Nikkor 105 mm macro f:2.8 G ED - Micro Nikkor 60 mm f:2.8
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Lorsqu'il s'agit de variétés de L. aurantiacum, les caractères morphologiques, écologiques ou microscopiques qui les distinguent de l'espèce type suffisent à les identifier sans avoir besoin de séquençage.
Ce qui nous manque pour cette récolte, c'est une analyse des autres L. aurantiacum "normaux" de la même station pour les comparer.
Ce qui nous manque pour cette récolte, c'est une analyse des autres L. aurantiacum "normaux" de la même station pour les comparer.
L'amanite phalloïde a mauvaise réputation.
C'est pourtant l'un des rares champignons qui soit capable d'abréger les souffrances des myopathes.
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