Qu'est-ce qu'une chose "avérée" ?
Je cite tout d'abord, désolé, deux exemples choisis dans les mathématiques. Uniquement pour montrer que la réponse à la question du titre n'est peut-être pas si simple qu'on ne le croit généralement. Mes excuses à ceux qui peut-être parmi vous sont déjà habitués à de telles considérations. Je ne pense pas que ce soit le cas de tous , loin de là.
a) Est-il avéré que le distance la plus courte d'un point à un autre soit la ligne droite ?
Un sondage dans la population recueillerait probablement une très forte majorité de oui.
Or ce n'est pas démontré ni même démontrable. Pire encore on peut même admettre autre chose.
En termes mathématiques on parle d'axiome. Un axiome ne se démontre pas, il s'admet comme base de départ pour construire un modèle mathématique. Le modèle mathématique bâti sur cet axiome ( la distance la plus courte d'un point à un autre est la ligne droite) sert par exemple aux architectes quand ils font leurs plans.
Un autre modèle mathématique prend comme base un autre axiome, celui que l'on utilise pour la navigation aérienne. Dans ce modèle-là, la distance la plus courte, sur la terre, d'un point à un autre suit la courbure de la terre. Ce n'est pas la ligne droite.
Un troisième modèle mathématique est utilisé, beaucoup plus complexe, lorsque l'on calcule les trajectoires des engins envoyés dans l'espace vers mars, saturne ou jupiter. Dans ce troisième modèle la "distance la plus courte" n'a plus rien à voir avec la ligne droite. Il y a cependant un critère analogue, un axiome donc, permettant de mener les calculs.
b) Est-il avéré que 1+1 =2 ?
Là encore ce n'est pas si simple. Pour arriver à dire que 1+1 = 2 j'ai besoin d'admettre, auparavant, un certain nombre de choses. Sans entrer dans les détails, il s'agit de l'existence même des chiffres ( eh, oui, je n'ai jamais vu 1 dans la rue et je dois admettre son existence, tout mathématicien que je suis) et des lois qui les régissent ( les règles du jeu, les axiomes, toujours).
Inutile de dire que c'est utile, tout le monde le sait, mais cela repose néanmoins sur un certain nombre de choses, qui, elles, ne sont pas démontrables et qui sont donc bel et bien admises...
J'ajoute qu'il existe même un domaine mathématique dans lequel 1+1 fait 0 au lieu de faire deux. Il s'agit de la mathématique dite booléenne ( du nom de Boole, son inventeur) très utile en logique et en électronique.
Ceci pour dire qu'en mathématiques, la science exacte par excellence, les choses reposent bel et bien et sans aucune exception dans les différentes branches de cette science, sur un certain nombre de choses qui sont admises et non démontrées ni démontrables, appelées les axiomes de base.
Cette science, où l'on ne se permet aucune approximation d'aucune sorte ( comme on le fait - souvent avec raison, mais pas toujours - dans une science comme la physique) repose sur des présupposés non démontrés. Si je peux me permettre de le dire, je pense (par expérience) que les mathématiciens l'intègrent mieux que ne le font parfois les autres scientifiques dans leurs propres sciences.
Après ce préambule, j'en viens à une question qui nous intéresse plus directement dans le contexte du réchauffement climatique ( +0.6 degré en moyenne sur la terre ( source météofrance ) au XXe siècle, chiffre que je ne conteste pas (eh, non, je ne suis pas idiot !).
On nous dit que la responsabilité de l'homme sur ce réchauffement est avérée. Sur quoi s'appuie-t-on ?
Sur deux choses :
a) l'homme est responsable d'émissions de gaz à effet de serre (une chose que je ne nie pas non plus )
b) une comparaison de courbes ( la température et l'augmentation du CO2)
Sur le point a) je note qu'il n'y a pas que l'homme qui est responsable d'émissions de gaz à effet de serre. L'océan ( et l'homme est petit par rapport à l'océan) chauffé par le soleil émet tous les jours par évaporation un gaz à effet de serre autrement plus abondant que le CO2 dans l'atmosphère et qui s'appelle la vapeur d'eau. Ce même océan absorbe par ailleurs 30% des émissions de CO2 dues à l'homme si j'en crois la thése de Françoise Gaill, directrice de recherche au CNRS. (voir ici). La forêt aussi absorbe du CO2, dans une moindre mesure.
Cela relativise déjà ce point de façon considérable. Je cite une des phrases de cette chercheuse ( voir le lien ci-dessus) en réponse à une question :
"Est-on capable d’anticiper la façon dont toutes ces tendances vont se manifester ?
Non. On peut imaginer les conséquences de l’augmentation de la température, du CO2, de l’acidification, mais on ne sait pas ce qu’engendreront leurs effets combinés. Vraiment pas. "
b) Sur le second point, ayant fait des études de statistiques, j'ai énormément à dire. Ce sera l'objet de ma prochaine intervention.