par Christian Frund




Habitat

En grand nombre, le 30 avril & 2 mai 2011 au bois Rodolphe sur écailles de cônes de sapins blancs, le long du chemin qui conduit aux arbres remarquables.

Description macroscopique

Petit champignon de jusqu’à 10 mm de diamètre mais souvent moins, stipité inféodé aux écailles de sapins. Hyménium en coupe, peu profonde, parfois à peine, creusée, lisse, brun rougeâtre à l’humidité (Séguy 695) puis palissant en brun jaune terne au sec (Séguy 214 en plus terne) à centre souvent plus foncé (brun grisâtre) et ambitus éclairci. Marge sinuée, souvent déchirée, pouvant parfois être en filet brun sombre. Surface externe de l’apothécie concolore plus claire, parfois grisâtre et pouvant être brun roux au niveau de la jonction avec le stipe, légèrement granuleuse, voire un peu villeuse par endroits. Stipe, généralement court (2-10 mm) mais parfois, selon les conditions de poussée, pouvant être remarquablement long (jusqu’à 3 fois le diamètre du disque), conique à cylindrique atténué, nettement villeux en particulier vers la base, brun foncé. Chair peu épaisse, blanchâtre plus ou moins lavée de grisâtre, sauf dans le stipe qui est nettement grisâtre.

Description microscopique

Asques (A) : 78,5-85 μm x 4-5 μm, à 8 spores disposées en rang d’oignons, base épaissie et en amorce de crochet.
Paraphyses (B) : vers 1 – 1,5 μm de larges, très fines et à peine épaissies au sommet, cloisons non observée.
Spores (C) : (4,7) 5,7 - 7,7 (8,5) x (2,5) 2,8 - 3,8 (4,1) μm ; Q = (1,8) 1,85 - 2,2 (2,4) ; N = 63 ; Me = 6,6 x 3,3 μm ; Qe = 2 ; lisses, biguttulées, ellipsoïdes à presque cylindriques.
Articles de l’excipulum externe (D) : globuleux à piriformes pouvant atteindre 15 μm de diamètre pour les plus gros.

Remarque

Le genre Ciboria regroupe des espèces assez petites, en coupe et stipité dont l’excipulum externe est formé de cellules vésiculeuses. A ces caractères morphologiques s’ajoute un caractère écologique important, sa poussée sur organismes végétaux en voie de putréfaction. Ainsi, l’étude de l’hôte est essentielle à la détermination d’une Ciboria. C. rufofusca se développe sur écailles de sapins blancs au sol mais, dans la littérature, il semble que les fruits d’autres conifères puissent lui convenir. Contrairement à ce qu’estime Camille Mertens (Contribution à la connaissance des champignons du Brabant wallon (2) : Ciboria rufofusca – revue du cercle de Mycologie de Bruxelles n° 8 - 2008) ce champignon ne semble pas rare, tout au moins dans le Doubs. Il est attesté de Levier mais aussi de Baume-les-Dames, au bois Rodolphe où il se récolte en grand nombre chaque année. Peut-être que sa discrétion naturelle le cache aux yeux des chercheurs. Cette espèce est également signalée en Allemagne, au Luxembourg, en Suisse, et épisodiquement en Belgique (2001 & 2008). En France, on la connait des Ardennes.
Ce champignon est généralement considéré comme plutôt montagnard, cependant le bois Rodolphe, où on peut le récolter à la pelle, se situe sur le plateau, surplombant la vallée du Doubs à une altitude de 370 m environs.