Yves écrivait :
Enfin ! Tu as mis le temps à comprendre ce que je souhaite dire en effet, et qui est simplement empreint du bon sens.
Hummm... tu sais bien, Yves, que ce n'était pas QUE la rapidité de publication des nouveaux noms qui t'irrite 😉 (l'exemple des jordanons en est une illustration), mais je conçois que cela fasse partie d'un tout. Cela dit, je pense aussi que, en pointant une constante humaine qui fait que, pour te citer, "Il est gratifiant de trouver une nouvelle espèce, une nouvelle forme, une nouvelle variété. Il est donc possible d'être tenté de le faire de manière abusive...", tu négliges aussi une autre petite singularité de beaucoup d'humains, qui est celle, consciente ou non, de résister à tout prix aux changements... La première se frottant de plus en plus souvent à l'autre, il est normal que cela fasse des étincelles.
Et lorsque tu écris, "Il y a urgence à établir des règles claires sur les noms des clades, puisqu'il faut bien les nommer, j'en conviens. ", je te rappelle que cette règle existe depuis Linné : cela s'appelle la nomenclature binominale (ou binomiale). Il n'y a aucune raison objective d'en changer : toutes les autres sciences naturelles s'en contentent parfaitement bien, y compris celle pour laquelle la diversité est aussi, sinon plus, importante que celle des champignons (l'entomologie). Je ne pense pas que les quelques propositions, que je considère parfaitement farfelue pour le frein à la communication qu'elles constitueraient, de nommer les taxons nouveaux par un numéro, soit une solution satisfaisante. La nomenclature binominale remplit parfaitement les rôles qui sont les siens, à savoir de transmettre en deux "mots" à la fois une identité et un positionnement, c'est-à-dire une remarquable quantité d'informations. Le fait que cela soit perturbant pour certains d'entre nous, pour des raisons que je comprends parfaitement et que je ne néglige pas, n'est pas une raison pour changer un système aussi bien pensé et qui a mis plusieurs siècles à se mettre en place. Il ne faut pas se leurrer : nous ne sommes pas les premiers mycologues à avoir ce type de discussions. En 1956, la sortie de la Flore analytique avait créé de grands remous parmi tous ceux qui ne comprenaient pas les nouvelles classifications et nomenclatures fondées sur l'utilisation systématique et raisonnée du microscope : force est de constater que l'une et l'autre ont bien fini par rentrer dans les mœurs, puisque ce sont celles que nous utilisons depuis près de 50 ans. Aujourd'hui, l'avènement de la biologie moléculaire, outil plus puissant que le microscope, affine une partie de cette classification : il faudra bien 50 ans pour qu'elle soit acceptée...
Amitiés, Guillaume.