Bonjour,
Merci Guillaume pour la bibliographie, je ne manquerai pas d'y jeter un œil car ce sujet m'intéresse fortement.
Ton dernier message à l'avantage de résumer les choses et pour faire ma Mère Thérésa, je dirai que chaque personne qui s'est exprimée sur ce débat n'a ni totalement tord et ni totalement raison non plus (ce qui s'applique pour moi aussi). Je ne juge personne et je sais qu'il n'est pas toujours évident de nuancer lorsque l'on écrit, si bien que Yves c'est senti un peu acculé et je trouve ça un peu dommage. Je n'ai nullement la prétention d'apporter une réponse à cette question qui à mon avis de toute façon n'en a pas de façon tranchée à l'heure actuelle (et peut-être même jamais) d'autant que finalement il y a plusieurs sujets amalgamés dans les discussions qui résultent en fait de l'aspect pluridisciplinaire que revêt cette problématique (dommage qu'on en soit arrivé à la "polémique" comme j'ai pu lire).
L'homme essaye depuis quelques centaines d'années de "mettre dans des cases" tout ce qui l'entoure, ça s'applique aussi à la géologie, mais qui est issu de millions d'années d'évolution (donc oui on en est aux balbutiements). Il a mis en place toute une taxonomie, universelle, pour y parvenir.
"l'espèce" est un des rangs le plus précis de cette taxonomie, basée sur des critères morphologiques principalement, au départ, et à présent la génétique aussi. On s'est dit qu'une espèce est un être vivant présentant des similitudes et pouvant s'accoupler en donnant naissance à une descendance elle-même féconde. Bon, donc déjà c'est trop limitatif puisque de nombreuses espèces de plantes, par exemple, s'hybrident et la descendance est parfaitement féconde et si on s'attaque au monde des bactéries, cette définition ne veut plus rien dire (je rejoins donc Yves). Toutefois, ce rang n'est pas suffisant et il est parfois (souvent) nécessaire d'être plus précis, d'ailleurs comme dit Guillaume, des sous-espèces sont parfois basculées au rang d'espèces et inversement.
Il est scientifiquement indispensable de se pencher sur les différentes formes/variétés/morphes, pour les coléoptères, que je maitrise mieux, on parle aussi d'aberrations... mais ce degré de connaissance est tel qu'il est inutile pour le commun des mortels, même passionnés, et risque en effet d'alourdir un ouvrage, par exemple, alors que quelques lignes pourraient suffire pour en décrire la variabilité. Maintenant comment différencier le "pet de travers" de la véritable variation... c'est, entre autres (et là Guillaume pourra approfondir s'il n'est pas encore saoulé), des statistiques et de l'hérédité, à partir d'un taux de répétabilité d'un même morphe un peu différent de la forme habituelle, on pourrait considérer qu'il s'agisse d'une sous-espèce (la panthère et le léopard) à ou d'une variété (les chiens qui ne forment tous qu'une seule espèce et même avec le loup... qui ne ressemble plus vraiment à un chihuahua, cette grande variabilité s'explique génétiquement par des séquences génomiques identiques répétées plus ou moins de fois et qui en fonction de leur nombre de réplicas vont totalement modifier les morphologie et la physiologie de l'animal).
Dire que de ces variétés va naître de nouvelles espèces... pourquoi pas, mais pas toujours je dirais. Il faudra, entre mille autres raisons, que cette variété ait un succès de reproduction meilleur (en rapport avec les conditions biotiques et abiotiques du milieu), soit parce que cette variation améliore la dissémination de ces gamètes, soit parce qu'elle sera mieux adaptée à son environnement (plus compétitrice que l'autre variété). Dans le cas des champignons, une variation rouge d'une espèce bleue pourrait faire qu'elle soit moins consommée (le rouge étant souvent associé au poison) et arrive donc plus à se reproduire (si cette variation est bien héréditaire). Un autre facteur est aussi le fait que ces variations soient isolées des populations initiales pour éviter les échanges génétiques avec elles et vraiment pouvoir devenir une espèce en tant que telle, mais il faut quand même résonner à des pas de temps très grands qui dépassent de loin une vie humaine. La biodiversité que l'on voit aujourd'hui est issue de millions d'années dévolution et on vient tous d'un même ancêtre commun à la base (avec des continents qui isolent, des extinctions de masse et des aires glaciaires, qui isolent aussi).
Maintenant, tout ce travail est fait par l'homme, avec tous ces défauts (la volonté d'être reconnu par exemple) et ces qualités (y consacrer sa vie ou une partie). Les qualités conduisent à la connaissance actuelle du vivant qui est en perpétuelle évolution tant la biodiversité est grande et complexe. Les défauts, où parfois puisqu'on veut tout nommer avec de surcroit pour certaines personnes la volonté d'être reconnues dans le milieu ou qui sont tout simplement trop impliquées et en oublient les fondamentaux, on nomme des choses qui peut-être n'ont pas lieu d'être mais cet élément ne doit pas remettre en cause le fait de la faire. Au contraire, ça amènera à des discussions, un cheminement, entre spécialistes et intéressés, des expériences ou analyses qui permettront, ou pas, de trancher. Mais il y aura eu débat et c'est comme ça que l'on acquiert de la connaissance notamment en science. Là encore le commun des mortels et les ouvrages généralistes peuvent se passer des ce niveau de détails, à mon sens, d'autant qu'il y aura obligatoirement des oublis volontaires (et alors sur quelle base) /ou non (manque de connaissances ou variétés pas encore décrites par exemple) (je rejoins donc Castor et Fouad). Quelques lignes pour s'assurer que les gens arrivent a reconnaitre l'espèce même si le chapeau est rouge au lieu de bleu, et là encore c'est juste mon opinion, sont largement suffisantes.
Enfin, et c'est mon dernier paragraphe car je pourrais en parler des heures, je pense qu'un bon exemple sur la variabilité en partant d'un génome identique, encore plus probant que les jumeaux, est la métamorphose. A partir d'un génome parfaitement identique puisqu'il s'agit là du même individu, un peu avoir une chenille ou un papillon... qui ne se ressemblent absolument plus en rien. On pourrait aussi citer l'évolution liée à l'âge même d'un individu, avec un même génome, je ne ressemble plus vraiment à ce que j'étais quand j'avais 6 mois... Pour un même génome, il existe possiblement déjà une infinité de possibilité donc au sein d'une espèce n'en parlons pas...
J'espère ne pas ajouter de la lourdeur aux discussions et ne pas m'attirer les foudres des uns et des autres... je le répète, tout le monde à, au moins en partie, raison dans ce débat.
Merci
JC
PS. d'autres messages ont été publié pendant que je rédigeais celui-ci, il se peut qu'il y ait un peu de redondance et je m'en excuse.