Il pourrait – potentiellement – y avoir des morilles, en effet. Mais il m'est arrivé de passer des journées entières dans ces coins sans jamais en voir une. Avec l'expérience, je dirais que c'est probablement dans le dernier tiers de la poussée (ici vers le 20 avril) que l'on a le plus de chances d'en trouver de beaux exemplaires. Mais il y a aussi de la concurrence... le nombre de voitures garées le long des ripisylves en avril est impressionnant.
Dès lors que le terrain devient plus pentu et difficile, on voit proportionnellement beaucoup de moins de courageux...
Les plus belles récoltes, je les fais tous les ans au sommet d'un ravin d'au moins 80 mètres de profondeur. Tout en bas, un ruisseau toujours un peu tempétueux, à cause de la fonte des neiges. Je me dirige discrètement vers le ruisseau, le traverse, et je grimpe en commençant à regarder sous les hêtres, les frênes et les érables, parsemés d'Equisetum hyemalis. Parfois, de gros exemplaires groupés çà et là par 2 ou 3 se cachent sous les feuilles.
Plus je grimpe, plus j'en trouve. Arrivé quasiment en haut du ravin, j'ai une zone dont la pente est un peu moins forte, où les vieux frênes dominent, au pied desquels tentent de pousser de jeunes érables. Il n'est pas rare que j'y récolte, outre quelques noires à proximité d'un écoulement riche en tuf calcaire (travertin), une bonne trentaine de jaunes bien camouflées sous les feuilles, parmi les jeunes érables. Tous les ans, je fais le même type de récolte... J'y croise quasiment jamais personne, tandis qu'en bas, là où coule la rivière et que le terrain est presque plat, c'est la foule des grands jours!!!
