Basionyme : Colus fusiformis E.Fisch.
Habitat
Nombreux exemplaires densément agglutinés parmi le paillage de broyat de bois, en surface d’un massif paysager, à proximité d’un chêne vert (Quercus ilex ), à La Baule, Loire-Atlantique.
Description
Fructifications épigées constituées d’appendices tentaculaires insérés sur un court pied cylindrique sortant d’une volve membraneuse.
À l’origine, les fructifications se développent sous terre, complètement enfermées dans le voile général (volve), puis apparaissent en surface sous forme d’œuf d’abord globuleux puis oblong, 10-12 × 10-18 mm, l’exopéridium est initialement de couleur blanche, puis blanc-grisâtre, ensuite le revêtement noirâtre se diffracte, créant un contraste avec le fond blanc. La base est prolongée par des cordons mycéliens blancs radicants.
À la coupe, on observe une masse gélatineuse avec au centre une gléba verdâtre entourant l’ébauche d’une fructification blanchâtre à orangée. Celle-ci, en s’allongeant, déchire l’enveloppe, laissant paraître un pseudostipe tubulaire évasé en haut, de 20-32 × 17-30 mm, à surface réticulée-alvéolée, de structure non spongieuse, creux à l'intérieur. En coupe transversale, il forme comme un anneau constitué de tubes (petites cavités arrondies) presque parallèles. Il se sépare dans la partie supérieure en 3 (rarement 4) lanières de 45-60 × 9-12 mm, initialement paraissant collées ensemble, avec les sommets convergents qui se réunissent en restant soudés pendant longtemps, conférant à l’espèce un aspect fusiforme.
Le réceptacle, blanc à la base puis progressivement, en allant vers le sommet, coloré de jaune à orangé foncé (sur le même substrat, certains exemplaires sont de nuance rose allant jusqu’à rouge-orangé en haut). Les bras, de forme tubulaire ou parfois à section presque triangulaire, avec une arête basse le long de la face extérieure, sont creux, fragiles, lancéolés, pointus à l’apex, rugueux, cloisonnés sur toute leur longueur. On distingue à la coupe une grande cavité longitudinale vers l’intérieur, et plusieurs (en général 3) plus petites vers l’extérieur. La surface externe, ridée, présente des ondulations transversales. Les bras sont reliés dans un premier temps à leur extrémité puis, avec l'âge, ils se séparent au sommet plus ou moins simultanément, devenant libres, donnant à l’ensemble un aspect éclaté (selon la littérature, il faut savoir que l’ouverture des bras dépend de la température).
La gléba noir-verdâtre, puis presque noire, mucilagineuse, fétide à maturité, d'abord remplissant l'espace entre les bras, sauf à la base, adhère ensuite sous forme de plaques sur la face interne de chacun d’eux, jusqu’à disparaître, emportée par les mouches et divers insectes qui s’en nourrissent et permettent ainsi la dispersion des spores.
Microscopie
Spores (4,5-5,5 × 2-2,5 μm), ellipsoïdes à subcylindriques, lisses, hyalines ; les basides sont de forme plutôt cylindrique avec 6-8 stérigmates très courts.
Commentaire
Récolté le 21 mars 2015 à La Baule, par Bernard Fréchet (AMO Nantes). Les visites régulières effectuées ensuite sur cette station ont permis d’observer une succession de fructifications jusqu’à fin juin, puis fin septembre, après de fortes pluies, de nouveaux exemplaires recommencèrent à fructifier de façon continue jusqu’au début de printemps 2016, sans doute grâce aux conditions climatiques clémentes. Le terrain sur lequel ces champignons se développent est limité à quelques mètres carrés ; ils sont absents sur les massifs proches recouverts semble-t-il du même substrat.
Début janvier 2016, le champignon est signalé sur une autre station à un peu plus de 5 kilomètres, également sur un massif similaire à Pornichet (44), sur une dizaine de mètres. Sa présence est-elle antérieure à sa découverte à La Baule ?
Pascal Ribollet (AMO Nantes) a récolté un exemplaire en septembre 2019 dans les bambouseraies du parc oriental de Maulévrier (49).
En Europe, Pseudocolus fusiformis a été signalé pour la première fois en Italie, près de Monza, en octobre 1981, puis en septembre 1982, à la base de troncs pourris de Robinia pseudoacacia , apparition sans doute liée à l’apport de matériaux en bois exotiques pour charpentiers ou comme composants d'emballage pour le transport de marchandises. De cette récolte, il a été fait une parfaite représentation iconographique au travers d’une photo en couleur, dans une publication de Candusso (1982). Photo et exsiccata ont été déposés dans l'herbier du Muséum Cantonal de Lugano. L’espèce a également été introduite en Tchécoslovaquie, à Prague (1958), Russie, Turquie (2009)…
À notre connaissance, c’est la première fois que cette espèce est signalée en France.
Article complet sur le site de l'AMO Nantes - Association Mycologique de l'Ouest : Cahiers mycologiques Nantais - 2016 .