Habitat
Côte Sud-Finistère, à Mousterlin, plage de Cleut-Rouz.
Sur la dune fixée qui sépare le polder de Mousterlin et l'océan, le site fait partie de la Zone Naturelle d'Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique des Marais et littoral de Mousterlin (ZNIEFF n° 530030210).
Deux récoltes, en octobre 2017 et octobre 2018, sur la même station autour d'une souche de pin maritime (Pinus pinaster ).
Description
Chapeau du plus grand des exemplaires, cassé en deux, dépassant les 25 cm (récolte de 2017).
Revêtement feutré, blanc jaunâtre, se couvrant progressivement de squames rousses, à surface jaunissant puis roussissant au grattage.
Lames échancrées, blanchâtres à jaune citrin pâle, à arête serrulée roussissant à maturité.
Pied massif, épais jusqu’à 6-8 cm, blanc, puis aussi couvert de squames rousses, à surface jaunissant puis roussissant au grattage ; les plus jeunes exemplaires sont en touffe serrée, la base des pieds soudée dans un amas mycélien.
Chair blanche à odeur faible et saveur légèrement amarescente.
Microscopie
Spores (A) lisses, assez allongées, ellipsoïdes cylindracées à subréniformes selon le profil, mesurant (6,2) 7,3–9,8 (10,3) × (4,4) 4,6–5,5 (6,1) µm, Q = (1,3) 1,5–1,8 (2,2), non amyloïdes, ni dextrinoïdes.
Basides (B) tétrasporiques.
Arête des lames stérile, garnie de nombreux bouquets de cystides (C) fusiformes, naviculaires, de grande taille, 70-150 × 12-20 µm.
Cuticule constituée d’hyphes allongées, à peu près parallèles, un peu boudinées (resserrées aux cloisons), bouclées, de diamètre 9-15 (20) µm, formant des segments d’environ 50-100 µm de long ; article terminal peu différencié ; pigment pas toujours présent : une partie des hyphes semblent être colorée par un pigment pariétal un peu « zébrant », toujours peu marqué.
Discussion
Ces deux récoltes furent l'objet de longues discussions sur notre forum (Sujet : Tricholomoïde maousse costaud - Tricholomopsis alborufescens ) et sur Mycologia Europaea.
Au premier abord, évoque un Tricholomopsis robuste et de couleur inhabituellement pâle, une forme dépigmentée. Plusieurs genres furent proposés Leucopaxillus , Pogonoloma (Porpoloma) , Tricholoma, Tricholomopsis jusqu'à ce que l'étude micro et le séquençage de la seconde récolte confirment le genre Tricholomopsis .
L’analyse phylogénétique réalisée avec les séquences disponibles de Tricholomopsis dans GenBank positionne la séquence au sein du “complexe rutilans ”, au voisinage de T. pteridiicola (voir : Description of T. pteridicola sp. nov. associated with Pteridium aquilinum ) et de deux autres Tricholomopsis européens inédits ”aff. rutilans 1” et ”aff. rutilans 2” (Olariaga et coll., 2015).
Au moment de clôturer la publication de cette nouvelle espèce, Daniel Réaudin (Société mycologique des Côtes d'Armor) nous faisait part d'une récolte antérieure (2014) qui ressemble fortement à T. alborufescens , sous pins maritime, à Pleumeur-Bodou. Il s'agit très probablement de la même espèce.
Tricholomopsis cf. alborufescens Récolte de Daniel Réaudin, Pleumeur-Bodou, 2014
Microscopie
Tricholomopsis alborufescens - Octobre 2018
Tricholomopsis alborufescens - Octobre 2017
Tricholomopsis alborufescens - Octobre 2017