Bon... mon bolet insolite ne déchaine pas les foules... pourtant, la suite est intéressante.
Un exemplaire a été expédié à Giampaolo Simonini, mycologue italien spécialiste des bolets, pour étude micro.
Il a effectué une comparaison des spores et des pileipellis, avec des mesures biométriques précises, sur des spécimens de ce Leccinum sp. et des spécimens de Leccinum quercinum (=L. aurantiacum).
Les spores semblent identiques à celle des Leccinum aurantiacum.
Par contre, les éléments terminaux du pileipellis sont très différents.
Selon lui, seule une analyse moléculaire permettra d'apporter une réponse définitive. Il soupçonne qu'il s'agit très probablement d'une nouvelle espèce.
Un échantillon a été envoyé au Muséum National pour séquençage. J'ai présenté cette récolte à notre ami Jürgen qui soupçonne une forme aberrante de L. aurantiacum et nous précise que le séquençage des Leccinum est complexe.
Je me suis donc tourné vers un mycologue, microbiologiste et généticien de formation... pour interpréter les résultats du séquençage.
La recherche par BLAST de GenBank pointe vers Leccinum aurantiacum, ce qui confirme qu'il s'agit bien d'une espèce apparentée.
Il ajoute ceci : l'analyse des séquences dans GenBank de L. aurantiacum montre des différences entre les exemplaires séquencés qui sont de l'ordre de celles retrouvées entre espèces différentes, suggérant fortement que L. aurantiacum est un complexe d'espèces cryptiques.
Citant par exemple deux variétés Leccinum aurantiacum var. pallidipes et Leccinum aurantiacum var. intermedium qui seraient à la limite d'être deux espèces.