Voici donc la réponse : il s'agit de Cladonia grayi, bien reconnaissable à sa réaction UV+ bleu.
Cette espèce appartient au complexe de Cladonia chlorophaea qui est un sacré bordel. Ces espèces sont séparées par quelques caractères morphologiques (parfois peu évidents) et surtout par leur composition chimique.
Sans réaction UV, il est souvent très difficile de la différencier des autres espèces de ce groupe, surtout de Cladonia merochlorophaea.
Voici un récapitulatif du complexe chlorophaea qui apparaitra dans l'ouvrage que je réalise :
- Cladonia chlorophaea (au sens strict du terme) est P+ orange à rouge, K- ou K+ jaunâtre, C-, KC- et UV-,
- Cladonia cryptochlorophaea est P+ orange à rouge ou P-, K+ rougeâtre, C+ rose (fugace) ou C+ jaune, KC+ rose (fugace) et UV+ pâle,
- Cladonia grayi est P- ou P+ orange à rouge, K-, C-, KC- et UV+ bleu,
- Cladonia merochlorophaea est P- ou P+ orange à rouge, K-, C+ et KC+ rose (fugace) et UV+ blanchâtre ou UV-,
- Cladonia novochlorophaea est P+ orange à rouge ou P-, K-, C+ jaune ou C-, KC- et UV+ pâle ou UV-.
Il faut aussi partir du principe que certains spécimens ne peuvent échapper à la CCM si les réactions sont trop faibles ou correspondent à plusieurs espèces.
C. grayi pose moins de problèmes dans ce groupe par sa coloration assez foncée, sa plus petite taille et sa réaction sous UV 365nm. Néanmoins, il se pourrait que ce l'on nomme actuellement C. grayi renferme plusieurs taxons. Encore une affaire à suivre.
Au niveau des clés, on peut se référer à la Nordic Flora sur les Cladoniaceae et à l'excellent Mediterranean Cladoniaceae de 2021. Il me semble qu'il y a aussi de très bonnes clés anglaises sur le sujet car nous partageons de nombreuses espèces avec le Royaume-Uni.