Cécile a écrit
Si je te comprends bien, Arnaud, tu penses que C. rangiformis peut avoir une saveur (légèrement) amère,
Oui, c'est la question que je me pose.
Voici un petit récap pour présenter le problème :
Le goût amer vient de la présence d'acide fumarprotocétrarique dans le lichen, c'est cet acide qui donne une réaction orange à rouge via le produit P, la couleur varie en fonction de la concentration (cela donne même du jaune en cas de faible concentration).
Cladonia furcata étant connu pour posséder cet acide, il sera donc amer.
Pour Cladonia rangiformis, c'est un peu plus compliqué, il est généralement considéré comme P-, donc non amer. Néanmoins, certains spécimens sont décrits comme P+ rouge, et certains auteurs parlent d'une réaction P+ rouge seulement au sommet du podétion.
Dans le cas d'un spécimen P+, si l'acide ne se trouve que au sommet du podétion, cela ne devrait pas donner une amertume très prononcée (à vérifier tout de même !).
Mais je ne sais pas du tout si cette espèce peut ou pas, contenir de l'acide fumarprotocétrarique en grosse quantité dans la totalité du podétion et donc donner une réaction P+ rouge partout (ce qui donnerait une réaction semblable à celle de Cladonia furcata).
Je vais poser la question à un lichénologue compétent pour savoir si ce deuxième cas est possible.
Cécile a écrit
et ne peut être déterminé à coup sûr que par un test difficile à appliquer hors laboratoire ?
D'après un pdf sur les Cladoniaceae méditerranéens qui vient de sortir, c'est quelque chose qui est probable car Cladonia furcata est très polymorphe, de même pour Cladonia rangiformis qui peut ne pas présenter cet aspect très marbré (peau de girafe).
Il faut aussi noter que Cladonia furcata peut tout à fait présenter un cortex plus ou moins marbré, même si il est généralement décrit comme moins marbré que Cladonia rangiformis.
Cécile a écrit
Mais qu'arrivera-t-il si tes C. rangiformis "confirmés test P" sont amers ? Comment nommerons-nous nos thalles de saveur douce et présentant toutes les caractéristiques morphologiques (et gustatives) de C. rangiformis sans que l'on puisse vérifier leur caractéristiques chimiques ?
Si Cladonia rangiformis peut au final présenter une amertume, il faudra essayer du mieux possible de les différencier par la morphologie (bien que certains spécimens ne puissent pas l'être d'après certains lichénologues...).
Par contre, pour les Cladonia rangiformis à saveur douce, il n'y a pas de soucis tant que l'on sait que Cladonia furcata présente toujours de l'acide fumarprotocétrarique et qu'il sera donc toujours amer. Dans cette hypothèse, c'est surtout les spécimens amer qui pourraient poser problème.
Il peut-être intéressant de nommer les spécimens P+ que l'on a identifié comme étant Cladonia rangiformis : "chémo. P+ rouge". Ou même notifier quelque part sur l'étiquette d'herbier que le spécimen est positif au produit P pour garder un œil dessus.
Demain, je vais envoyer un mail pour avoir plus d'informations sur la variabilité chimique de Cladonia rangiformis.