Jplm a eu l’heureuse initiative de m’initier à Becker. Et je referme déjà ‘La vie privée des champignons’, puisque j’ai eu le malheur de le lire un peu trop vite.
A titre de compte rendu, à la suite de Ghislaine, j’en retiens deux citations sur champis.net :
" Il n’est pas bon que le mycologue soit seul. Livré à lui-même, il n’est sûr que de ses incertitudes et tâtonne dans les ténèbres. Mais s’il a la chance d’avoir dans son voisinage un autre mycologue même pas plus fort que lui, la confrontation de leurs hésitations amène bien plus vite la découverte de la vérité, tandis que la confrontation de leurs certitudes rectifie leurs erreurs. Ainsi les progrès se font-ils plus rapides, aidés par la sympathie et multipliés par l’émulation. "
" La réalité, c’est le cèpe que vous cueillez, c’est la Morille qui pousse sous votre sapin bleu, c’est la boule de neige qui luit dans une pâture. La science, c’est l’ordre que nous avons tâché de mettre parmi ces formes, c’est la hiérarchie que nous leur avons imposée, et elle est en nous, non dans les choses. Car, la réalité en elle-même, rien ne nous permet de l’atteindre. Nous surprenons quelques-uns de ses secrets, quelques morceaux de son mécanisme et de sa chimie. Pendant quelques temps, nous croyons avoir tout découvert, et puis voici qu’à l’examen nous sommes à peine plus avancés. Nous enlevons un masque au personnage, mais il y a un autre masque sous le premier, et ainsi de même à l’infini. Nous ne connaissons que notre pensée, et la science n’est que la somme de ce qu’il nous est permis de penser des êtres. Au-delà des microscopes et des classifications sourit toujours, comme un sphinx indéchiffrable, l’énigme du monde vivant. (...) Les enfants, quand il voit guignol se contentent de rire. Les grandes personnes, elles, veulent voir les coulisses..."