Bonjour le forum,
Tout d'abord, merci à vous tous pour vos réponses, en particulier Kairos et Nommo pour leur gentil message de bienvenue et Jean-Pierre, Patrice, Andgelo et Hervé pour leur aide concernant la détermination de cette espèce. 😎
J'ai pris un peu de temps pour me renseigner sur Mycena juniperina avant de vous répondre. Voici mes conclusions, en rapport avec deux publications disponibles au téléchargement sur le net :
A. Halama et al. Polish Botanical Journal 59(1): 109–116, 2014 (anglais)
Récolte de Mycena juniperina en Pologne
B. Pancorbo et al. Bol. Soc. Micol. Madrid 40: 169-195, 2016 (espagnol)
Récolte de Mycena juniperina dans les Baléares
Les précisions apportées par Patrice me donnent à penser que tous les fragments d'hyménium photographiés par mes soins comportent essentiellement des basidioles, quelques basides clairsemées mais pour ainsi dire pas de pleurocystides. Ceci est en accord avec l'absence de pleurocystides notée par A et B pour M. juniperina. De même, les dimensions des basides (24 x 10 µm dans mon échantillon) et des stérigmates sont compatibles avec A et B.
J'ai dû parcourir à peu près la totalité de la préparation pour trouver une dizaine de basides comportant des stérigmates bien visibles. J'en conclus que mon spécimen n'était peut-être pas parvenu à sa pleine maturité (en accord avec sa petite taille). Dès lors, peut-on envisager que mes spores inamyloïdes soient en fait des spores immatures ? Je présume que cette coloration met en évidence des composés de stockage tels que l'amidon dont l'abondance varie en fonction de la maturité. Une sporée permettrait sans doute de trancher. Je précise qu'un problème de réactif est exclu car mon Melzer colore bien l'ornementation des spores d'un échantillon de lame de russule utilisé comme témoin.
La taille des spores est de 9.7 x 9 µm chez A et 10 x 8.5 chez B, ce qui est légèrement plus petit que mes données (12 x 10 µm), mais mon échantillon est petit (n = 3 !), ne provient pas d'une sporée et les spores ont été observées dans le Rouge Congo au SDS et non dans l'eau. Par ailleurs, A indique une référence ancienne (Smith, Mycologia 26(4): 305-331, 1934) dans laquelle les variants bisporiques ont souvent des spores globalement plus grandes que les formes tétrasporiques. L'observation de basides exclusivement bisporiques serait donc en accord avec des spores légèrement plus grandes que les spores de B provenant d'échantillons à basides majoritairement tétrasporiques, mais en contradiction avec A dont l'échantillon était composé de basides majoritairement bisporiques.
Les cheilocystides sont données comme très abondantes par B ("queilocistidios muy abundantes"). Je n'ai malheureusement rien observé de semblable à la figure 17C mais je suis peut-être passé à côté... Je prends note pour une prochaine fois de l'intérêt de réaliser des coupes ou tout au moins de ne pas monter un exemplaire entier si petit soit-il entre lame et lamelle afin de mieux repérer les éléments dans leur contexte. Je suis d'accord avec Patrice pour dire que l'élément de droite sur ma planche ressemble beaucoup à un dessin de caulocystide dans la figure 3 de la référence A.
Dernier point, hélas non documenté faute d'en connaître l'importance et souffrant du même problème de montage imprécis que les cheilocystides, j'ai également observé dans ma préparation des hyphes brunissant dans le Melzer qui pourraient correspondre à la description de la trame des lames faite par A ("Lamellar trama dextrinoid, brownish vinescent in Melzer’s reagent."). Cependant, je ne peux pas garantir qu'il s'agit bien de ces hyphes.
Concernant la reviviscence : j'ai pu réhydrater cette espèce une fois, mais je n'ai pas particulièrement insisté... le terme n'est peut-être pas très exact.
En attendant une prochaine récolte éventuelle et des observations plus précises, je me range donc à votre avis et note cette récolte comme Mycena cf juniperina.
Merci encore pour votre aide !
Cordialement,
Eddy