Fifi À défaut d'avoir obtenu des réponses à ma question, le hasard faisant bien les choses (la preuve, sans lui nous ne serions pas là... 🙂 ), ces deux ganodermes sur pied sont venus me voir pour étudier la question. Récoltés dans un parc, au pied d'un tronc coupé. Mon premier réflexe a été de leur gratter la tête, la fameuse couche jaune apparaissait sur les deux exemplaires. Un coup d’œil au microscope s'imposait pour vérifier cette histoire de couche jaune. Spores (10,2) 10,4 - 12,3 (13,00) × (6,7) 6,9 - 7,8 (8,1) µm Je vous laisse conclure...
Jplm Tes mesures sont plus dans la fourchette de lucidum (pour Bernicchia, je n'ai pas regardé les autres bouquins) que de resinaceum. Tu en conclus que tous les lucidum ont une sous-croûte jaune ? Tu réponds du même coup à ma question : est-on maintenant obligés de grattouiller tous les lucidum qu'on trouve ? Jplm
Fifi Fouad a écritLes spores sont très différentes chez les deux espèces ?Il y a une différence de taille et d'ornementation (plus grossière chez lucidum). Ici, les spores correspondent, semble-t-il, à G. lucidum. Ma question (ainsi que celle de Jplm) prend une autre tournure : pourquoi donc certains auteurs parlent d'une couche jaune seulement chez G. resinaceum alors que G. lucidum semble avoir le même caractère ?
Fifi Finalement, je ne sais plus quoi en penser... voici une note extraite d'un exposé de Bernard Rivoire, à propos du couple lucidum/carnosum G. lucidum : trame claire, annuel, plus clair que carnosum (rouge). Très grosses spores avec ornementations allongées dans le sens de la longueur de la spore. Pour séparer carnosum de lucidum : spores cyanophiles chez carnosum. et pas chez lucidum G. carnosum : annuel, en général sur Abies, trame claire, comme lucidum avec pied réduit, de couleur plus sombre, noircit en séchant. spores cyanophiles. Je ne vois pas vraiment d'ornementation allongées dans le sens de la longueur... et j'y comprends plus rien ! Je vais regarder si les spores sont cyanophiles ou non...
Jplm Il y a moult photos de spores de G. lucidum sur internet, je n'en ai pas trouvé avec des ornementations longitudinales, elles ressemblent pour la plupart aux tiennes. Jplm
Fouad Jplm a écritIl y a moult photos de spores de G. lucidum sur internet, je n'en ai pas trouvé avec des ornementations longitudinales, elles ressemblent pour la plupart aux tiennes. Jplm Idem. Après pour voir que les ornementations sont allongées, dans un sens ou un autre, il faut avoir un sacré matériel !
Fouad Fifi a écritOù as-tu déniché ces planches ? Y a-t-il la même chose pour G. resinaceum ? Sur le net, mais je ne sais plus quel chemin j'avais pris 😳 Non, aucune mention de G. resinaceum ???
Jplm Bonjour, Alors tu en fais quoi finalement ? Tu en étais à regarder si les spores sont cyanophiles, qu'est-ce que ça a donné ? Jplm
Fifi Voilà, voilà... Je viens de regarder, conclusion spores non cyanophiles (le contraire m'aurait tout de même étonné). Personnellement, je suis de plus en plus sceptique quant au critère de la croûte jaune chez G. resinaceum... et je me contenterai bien tout bonnement d'un Ganoderma lucidum. Par acquit de conscience, je pose la question aux experts de Mycologia Europaea... EDIT : sur le Fungi Europaei de Bernicchia, je lis pour les dimensions sporales : G. resinaceum : 9-11,5 × 5,5-7 µm G. carnosum : 10-13 × 7-8 µm G. lucidum : 8-11 × 6-8,5 µm Mes mesures semblent plutôt correspondre à G. carnosum !!! 😯
Jean Paul Bonjour à tous G. resinaceum est très courtement stipité ou avec seulement une constriction au niveau de l'insertion sur le support. Les sujets longuement ou nettement stipité sont donc à rapporter au groupe de G. lucidum. La fameuse couche résineuse de G. resinaceum (aussi chez G. pfeifferi) est aisément enfoncée par l'ongle et fond sous la lame d'un briquet (selon Ryvarden, poroid fungi of Europe) mais je n'ai pas expérimenté ces caractères qui seraient absent sur la croûte laqué du "groupe lucidum" . On prendra garde dans la comparaison des mesures sporales du fait que certains auteurs donnent des dimensions sans la "coiffe" apicale (qui disparait d'ailleurs avec le temps) et d'autres avec. La taille des spores précisées plus haut rentre dans le cadre de G lucidum. Cependant, cette espèce possède des spores variables suivant les récoltes et il s'agit peut être d'un caractère à regarder de plus prés. En effet, comme le laisse supposer une étude phylogénétique de Zhou & al. (Phytochemestry 114 p.9), il semble que deux espèces proches cohabitent en Europe (compte non tenu de G. carnosum). Les planches de spores proviennent du Bulletin de la Société Royale Botanique de Belgique Vol. 100. Pour G. resinaceum, l'équivalent se trouve dans le Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique vol 50 (l'auteur est Steyaert dans les deux cas).
tuttle Fifi a écritOù as-tu déniché ces planches ? Y a-t-il la même chose pour G. resinaceum ? source Some noteworthy taxonomic variations in the complex wood-decayer Ganoderma resinaceum (Basidiomycota) with reference to collections from tropical Africa en visionnant les photos directement sur la page, vous aurez les légendes des figures.
Fifi Merci pour le lien Tuttle. Cette étude concernant des récoltes d'Afrique tropicale, je ne suis pas sûr qu'elle me sera utile. par contre, on y voit quelques exemplaires de G. resinaceum nettement stipités. J'ai pu me procurer le volume 50 du Bulletin de la Société Royale Botanique de Belgique (ici pour ceux que cela intéresse). Suite à l'intervention de Jean Paul, il me semble raisonnable de nommer cette récolte G. lucidum.
Jean Paul Fifi a écrit et... à propos de la couche jaune au grattage ? Bonjour, j'avoue que je n'ai pas connaissance de ce caractère et je n'ai donc pas testé sa valeur. Pour ce qui est des G. resinaceum africains, américains et asiatiques il s'agit vraisemblablement d'espèces différentes. Le genre Ganoderma est l'un des genres de Polyporales les plus complexes. Il renferme des centaines d'espèces dans le monde, son étude est encore assez fragmentaire et nécessitera certainement des études moléculaires portant sur plusieurs marqueurs.
Fifi On me dit sur Mycologia Europaea que ce critère serait surtout utile pour distinguer G. resinaceum des autres Ganoderma non stipités tel que G. australe et G. lipsiense.
Jean Paul Oui , il est certain que c'est alors un indice rapide de détermination qui peut donc éviter de tester l'épaisseur de la croûte piléique ou le passage au micro. A retenir donc.