castor74 a écritY.Courtieu a écritSûrement à tort, comme à chaque fois qu'on essaye de déterminer un Inocybe ( je vais probablement y renoncer, comme castor !)
J'y ai renoncé il y a environ 20 ans, quand mon ami regretté Jean-Claude Deïana avait décidé de s'y consacrer à fond. Moi les russules, lui les inocybes. Je n'ai par ailleurs jamais aimé ce genre, pour plusieurs raisons. Attention, je vais être un peu sévère pour ceux qui aiment ce genre...! 😉
– C'est souvent moche, marron, gris, brunâtre, grossièrement pelucheux ou rimeux pour certains, mais jamais spectaculaire.
- Ils ont souvent tous la même gueule, et sur le terrain c'est impossible de dire quoi que ce soit.
- Il faut toujours prendre des soins exagérés quand on les récolte, parce que ces machins ont des trucs hyper fragiles sur le stipe.
- Côté micro, c'est lassant, et le seul truc qu'on arrive à définir c'est si les spores sont lisses ou bosselées.
- Personne n'arrive jamais à leur mettre un nom sûr, et dès qu'on discute à plusieurs on est sûr d'avoir plusieurs noms.
Bon, j'exagère un peu sans doute, mais s'il y a un genre que je regarde très peu, c'est bien celui-là.
C'est amusant, parce que tes raisons pour ne pas les aimer sont celles qui font qu'ils m'intéressent ;o)). C'est un genre ingrat et difficile, et beaucoup d'auteurs se contredisent, du coup, et à mes yeux s'y intéresser représente un exercice intellectuel plus stimulant que de travailler des genres mieux étudiés, plus balisés, et pour lesquelles la détermination se limite à un exercice d'érudition ou de suivi plus ou moins serviles des bonnes clefs de déterminations en circulation. Comme c'est un genre mal étdié, il y a beaucoup de choses à découvrir, d'erreurs à corriger, de groupes à préciser, ce n'est pas pour rien que la littérature abonde en ce moment, bref il y a du boulot ;o)
J'ajoute qu'il n' y a pas que les inos qui sont rebutants, à mon avis il y a pire, comme les galerina, les pholiotina/conocybe, sans parler des autres genres géants comme les entolomes...Une anecdote pour illustrer ma façon de voir: il y a pas mal de temps, j'étudiais aussi les conocybes et les Pholiotina, et quand l'ouvrage d'Hausknecht est sorti, je me suis précipité dessus. Depuis, je ne regarde plus ces champignons, car tout le boulot a été fait ( et bien fait), il suffit de suivre ses clefs; et comme ils sont encore moins beaux que les inos, je n'arrive plus à m'y intéresser...
Ceci étant, ton réquisitoire est quand même, comme tu l'admets, un peu exagéré :
- il y a des inos qui sont beaux, voire spectaculaires.
- il y a quand même une bonne cinquantaine d'inos reconnaissables sur le terrain,sans compter les sosies indiscernables sans micro, ( sur le terrain, on dira "groupe lanuginosa", par exemple)
- il est inutile de prendre des soins exagérés à la récolte, si on fait la micro derrière. Par contre, sans micro, préserver la ruine du stipe est important.
- la micro est facile, donc plutôt lassante, c'est vrai, car il faut surtout faire des mesures...mais, bon, la micro des Tricholomes ou des Clitocybes est encore plus ennuyeuse, et on ne rigole pas beaucoup avec la micro des Cortinaires.
- les gens sont rarement d'accord, c'est vrai aussi, pare que c'est un genre difficlle, et la hiérarchies des caractères est assez instable d'un auteur à l'autre là encore, ce ne'est pas le seul genre à connaître ces problèmes...A terme, l'ADN devrait aider ( il aide déjà).
Patrice