Précisions sur fuscorubroides: pour moi, cette russule est si rare que l'on ne peut pas en tenir compte (je doute même très sérieusement de sa validité). Je ne l'ai jamais vue nulle part, ni sur le terrain, ni dans les expositions des autres sociétés. Elle est censée être beaucoup plus sombre que queletii, avec un stipe très coloré/comme gouaché, ce qui permettrait de la distinguer uniquement par sa couleur.
J'ai étudié, entre 2000 et 2015 environ, des centaines de récoltes de queletii, provenant d'endroits très divers comme la Tarentaise, la vallée de Chamonix, la vallée du Borne, la région d'Annecy, la Vanoise, le bassin lémanique, le Jura, le Doubs, la Corrèze, l'Hérault, le Var, etc. Sur des sols donc très différents, calcaires, granitiques, etc. Je précise que j'ai procédé moi-même à toutes les récoltes. J'ai noté des différences dans une grande majorité des récoltes, comme d'ailleurs on peut le faire dans l'étude d'autres genres ou d'autres espèces. Ces différences portaient sur les couleurs, tout d'abord: queletii se présente sous des formes parfois claires, parfois foncées, avec un stipe bien coloré ou plus pâle, parfois tout blanc, ou coloré d'un seul côté. Ensuite, les différences micro: des spores un peu plus grandes ou un peu plus petites que décrites dans la littérature (qui diffère aussi selon les auteurs!), avec une ornementation variable également mais dans des proportions relativement faibles, et des dermatocystides un peu plus larges et plus longues, ou au contraire, un peu moins longues et un peu plus étroites. Rien, dans ces différences, ne m'ont permis d'en tirer la conclusion que j'avais affaire à autre chose qu'à queletii, avec ses variations intraspécifiques normales...