Yves, je trouyes que ta vision est un peu trop simpliste, et que tu généralises trop les quelques cas évidents de surpublication.
Pourquoi "s'attaque-t-on" aux genres ?
Parce que qu'un certain nombre de genres anciens s'avèrent aujourd'hui constitués à partir de critères qui ont conduit à des regroupements non conformes aux lignées évolutives. Quant UN genre est dans ce cas, c'est-à-dire qu'il inclut des espèces qui relèvent d'autres genres, et que des espèces classées ailleurs seraient mieux a proximité d'un certains nombres des siennes, il faut tout casser et refaire des regroupements. Ainsi, statistiquement", comme tu dis, on va créer plusieurs ( beaucoup) de genres nouveaux, il n'y a pas moyen de faire autrement.
D'ailleurs, contrairement à ce que tu affirmes, on est loin d'"attaquer" tous les genres, il y a des pas mal de genres auxquels on ne touche pas, parce que les anciens ont eu la chance de tomber sur des groupes morphologiquement homogènes, sans pièges ( convergence, etc..). Les cortinaires son très peu "attaqués", le genre Inocybe est monophylétique, et s'il sera probablement élevé au rang de famille, ce sera sans rien casser, juste parce des groupes assez facilement délimitables apparaissent en son sein, et que son effectif imposant justifie une élévation au rang de famille. Certains auteurs ante-ADN ont déjà tenté pareille opération chez les cortinaires, en proposant d'élever les sept sous-genres en genres à part entière.
Il faut signaler que les genres "à l'ancienne", incluant des milliers d'espèces, sont une anomalie si l'on considère la biologie dans son ensemble. Plus l'effectif augmente, plus les genres deviennent des sous-familles, puis des familles etc., naturellement pour ainsi dire, sauf en mycologie . Ainsi les araignées, un genre pour Linné, est aujourd'hui un ordre comprenant des centaines de genres...Les non spécialistes continuent de dire "araignées", et tout le monde est content....
Quant à certains aller-retours, des genres revus et corrigés, ce sont les modes de fonctionnement habituels en science, le progrès n'est jamais linéraire, il y a toujours des écarts, des erreurs, des retours en arrière, ça a toujours été comme ça. La période pionnière que nous vivons rend ces phénomènes inévitables, il faut donc rester vigilant, certes, ne pas crier trop vite victoire, bien sûr, mais il ne sert pas à grand chose d' occulter les avancées passionnantes qui sont réalisées par ailleurs.
Or, on ne s'est pas attaqué qu'aux genres, contrairement à ce que tu affirmes ! Si tu avais suivi les réformes plus profondes encore qui ont affecté les taxons supérieurs, tu ne dirais pas ça. Les ordres ( terminaison en "ale") on subit des réformes bien plus fondamentales, et qui concernent un nombre d'espèces considérable. Regardes ce qu'on trouve maintenant dans les Boletales , les Russulales, les Aphyllophorales, et tu réaliseras que ce qui se passe au niveau genre est assez raisonnable.