Bonjour à tous !
Andgelo a écritMais quand on regarde entre (par exemple) Paxillus involutus et Paxillus cuprinus, qui sont bien distincts au niveau de l'ADN. Les seules différences sont l'habitat et la présence ou non de dépression sur le sommet de la spore.Tout le monde aurait tendance à dire ''synonymes''. Sans la biomol, on aurait probablement jamais découvert l'existence de la seconde espèce.
Le cas de ce Paxillus me rappelle celui d’un oursin des Kerguelen : à la fin des années 80, un chercheur du Muséum a mis en évidence par électrophorèse une différence significative entre les populations vivant coté au vent et coté sous le vent, sans qu’aucun critère macroscopique puisse permettre de différencier les deux supposées espèces…
N’est-ce pas tout simplement parce que nous oublions volontiers que nous sommes confrontés à un monde vivant en mouvement dans le temps ?
Linné nous a légué un système binominal issu de la conception fixiste : les espèces sont conçues comme définitivement figées !
Normalement, l’apport du Darwinisme aurait dû mettre toute ces espèces en mouvement dans le temps en pulvérisant leur soi-disant stabilité.
Puis vient Gould en 1973 et le niveau 2 du Darwinisme : la théorie des équilibres ponctués. L’espèce est à nouveau stabilisée dans un pool génétique commun à une population, ne dérivant/évoluant qu’au travers d’isolats.
Pour couronner le tout, en Occident, nous avons subit le yoyo des glaciations quaternaires qui ont provoqué une succession rapide d’isolats plus ou moins aboutis… L’embrouillamini de ces successions d’isolements est particulièrement visible chez les insectes et les plantes. Il n’est pas vraiment surprenant que ces mécanismes soient aussi visibles chez les Champignons…
Quand à l’apport de la biologie moléculaire, s’il est indéniable, il ne contribue pas encore à dégager une vision claire du tableau général, car comme dans le cas de la physique quantique, le point de vue de l’observateur influe sur ses conclusions…
Mais il y a beaucoup de gens qui travaillent à apporter de nouvelles données tout azimut qui permettent de situer à présent les organismes dans une perspective temporelle, et c’est là, à mon avis, la plus grande révolution de notre époque !