je reviens d'un déplacement, et il y a beaucoup à dire. j'ai jeté un oeil hier sur mon téléphone, et à ma grande surprise, les inos étaient beaucoup plus jaunes, et l'exemplaire de droite semblait présenter les fameux refllets type psathyrella dans les lames..Nul doute qu'au vu de cette seule photo, j'aurais suggéré I. praetervisa. De retour chez moi, je vois bien sur mon ordi ce que j'ai vu avant, et puisqu' apparemment, tout le monde les voient sans jaune, on partira du principe qu'ils ne sont pas assez jaune pour I. praetervisa, ou 'autres taxons jaunes comme I. mixtilis ou I. xanthomelas.
I salicis, souvent évoqué ici, ne va pas parce que c'est une petite espèce, et surtout parce que les spores ne vont pas : celles de ce cernier sont plus grandes, et possèdent une silhouette bien particulière, "en château fort" comme disait M. Bon, ce qui correspond exactement à la réalité. On en a une bonne illustration grâce à notre ami P. Tanchaud, qui fait un travail remarquable, et dont le site Mycocharentes devient une référence, pas seulement pour les inos. Ces pdf de Patrice sont très pédagogiques, car il présente avec une remarquable économie de moyens tous les caractères importants. Le genre Inocybe n'est pas si compliqué, les observations ne sont pas les plus difficiles à faire, et quelques photos bien conçues suffisent, avec les compléments descriptifs indispensables (contrairement à ce qu'on voit parfois sur d'autres forums où l'on voit défiler 20 voire trente (!) photos micros ); par contre, il faut impérativement les faire.
I. tabacina va déjà mieux, mais il y a des concurrents, et il faudrait pour les départager connaître :
- l'aspect des cystides, leurs mesures, l'épaisseur des parois et une réaction de celles-ci à l'ammoniaque, données souvent indispensable pour les inos. Observer séparément les cystides hyméniales des caulocystides, elles sont parfois très différentes dans ce groupe, ce qui n'est pas le cas général.
- un caractère macro non visible pour l'instant, mais qui est à l'origine de la récente complexification du groupe à laquelle je faisait allusion plus haut : un possible brunnissement ou noircissement du stipe avec l'âge au à la dessication, et le stipe de l'exemplaire en haut à gauche m'interpelle. L'aspect des exscicats sera ici super-bienvenu. Pour ce groupe praetervisa, devenu bien touffu, le brunissement avec l'âge, ou le noircissement avec la dessication, sont à rechercher avant toute tentative de détermination. Ce caractère était facilement écarté dans le passé, attribué à "la variabilité de l'espèce", ce qui permettait d'avoir la paix alors qu'en fait, on compliquait tout...Les travaux récents de F. Esteve-Raventos ont au contraire tout clarifié, en nous laissant toutefois le choix entre un bon nombre d'espèces :
pied restant blanc, ou beige avec l'âge : I praetervisa, I. tabacina et tous les autres ( margaritispora, pallida, ect..)
pied brunissant, parfois tardivement, parfois plus vite ou irrégulièrement : I. flavobrunnescens, I. ochracea, I. urbana ( ces deux derniers classés par M. bon en Subbunneinae°)
pied noircissant : I. xanthomelas, I. kriegelsteinerii, I. phaeocystidiosa, I. praetevisoides
voilà voilà