Pour information sur cette espèce :
Extrait de l’article d’A. Bidaud dans les Annales de la session (Soc. linn. Lyon). :
Cortinarius violaceomaculatus Brandrud, première récolte française
« Discussion : Ce taxon décrit originellement de l'île de Gotland en Suède, sous Picea abies et Pinus sylvestris en terrain calcaire par BRANDRUD (1997, p. 115), n'a été illustré qu'une seule fois par Soop (2001, pl. 6, fig. 23 ; 2002, pl. 7, fig. 27 ; 2005, pl. 7, fig. 25 ; 2008, pl. 8, fig. 32),
qui a reproduit la même photo sur les éditions successives de son livre Cortinarius in Sweden.
Je profite de l'occasion pour signaler qu'il est toujours regrettable que des taxons nouveaux soient décrits sans aucune illustration, comme c'est le cas de la publication de BRANDRUD (1997, p. 113-115) ou encore de celle de MELOT (1989,p. 93-100), où sont décrits une vingtaine de taxons, dont la plupart n'ont toujours pas été représentés en couleurs (ou tout simplement non retrouvés).
La répartition européenne de Cortinarius violaceomaculatus - taxon très rare ou alors mal déterminé - semble limitée aux pays scandinaves, à l'Allemagne, la Suisse et la France ( BIDAUD, 2004, p. 11-12). La récolte allemande de la Forêt Noire, déterminée par Brandrud, a sans doute été consignée dans le compte rendu des Journées européennes du Cortinaire de Hornberg ; celle de Suisse fut déterminée par moi-même - mais non conservée - lors d'une exposition mycologique du Locle au début des années 2000. Enfin, la récolte française, plus ancienne (1988) - non conservée - que j'avais faite dans les monts du Forez, avait été rapprochée de C. cyanobasalis (BIDAUD, 2004, p. 11) en comparant l'icône de MARGAINE (1978, p1. 206) représentant cette dernière espèce. Cette récolte, avec le recul, semble douteuse car elle n'avait pas les caractères distinctifs de C. violaceomaculatus, et de plus, provenait d'un sol acide. C'est enfin en 2007, année très avare de cortinaires, que j'ai pu étudier, en détail, deux récoltes réalisées à quelques kilomètres à vol d'oiseau l'une de l'autre.
En 2004, j'avais comparé C. violaceomaculatus à C. cyanobasalis Rob. Henry en me basant sur la photo de K. Soop et m'appuyant sur le souvenir des deux récoltes que j'avais rapidement étudiées quelques années précédentes. Je peux donc maintenant conclure que l'espèce de Brandrud est située plus près de C. variecolor que de C. cyanobasalis, la teinte violette de la base du stipe étant un leurre, et, surtout, n'étant pas localisée aux mêmes endroits. En effet, le pigment violacé, chez cyanobasalis, se situe uniquement dans la chair de la base du stipe (comme dans les exemplaires adultes de C. sabaudiae), alors que chez violaceomaculatus, il se situe dans le cortex du stipe et surtout dans sa moitié inférieure. Mais le caractère le plus frappant, chez ce dernier, est la présence d'un chevelu inné situé sur les bords du chapeau, ce qui permet de l'inclure dans la série variecolor (Brandrud et al.) Bidaud et al., et plus particulièrement près de C. variecolor qui ne présente pas de teinte violet foncé dans le cortex du stipe, à chair dégageant une forte odeur de DDT (dite également terreuse), et enfin, possédant des spores de plus grande taille (10-12 x 6-6,5 μm).
BRANDRUD (1997, p. 115) propose la synonymie (pro parte) de C. cyanobasalis Rob. Henry, au sens de MOËNNE-LOCCOZ & REUMAUX (1990, p1.13, f. 24), avec C.violaceomaculatus.
La récolte de M. Pèlerin, des feuillus mêlés de laNièvre, semble être encore autre chose que ce dernier. Hormis un habitat fort différent et des spores paraissant un peu plus grandes, le revêtement piléïque est plus pâle, teinté de violacé et ne présente pas de fibrilles caractéristiques ; le cortex du stipe est à peine teinté de violacé et la chair est initialement
violacée dans son intégralité, puis uniquement dans la base du pied et sous le revêtement du chapeau ;enfin, la réaction de la chair à la soude est notée faible.
En conclusion, le bien nommé C. violaceomaculatus est une espèce qui semble inféodée aux vieilles pessières calcicoles montagnardes, du moins sous nos latitudes, et qui pourra, je pense, être reconnu à tout coup par son stipe typiquement appointi devenant violet intense au frottement. »