je ne vois pas en quoi ces lignes sont si sensées, personnellement, et classer les êtres vivants en fonction de la phylogénie est une idée qui n'est pas près d'être abandonnée, elle me paraît au contraire être la seule capable d'éviter les caprices d'auteurs se fondant sur les caractères morphologiques..La taxonomie doit s'adapter à la phylogénie, je pense que ça va rester.Par contre,ça oui, elle ne saurait tout prendre en compte, il y a beaucoup trop de niveaux. Bref elle doit respecter la phylogénie, sans la reproduire in extenso, là ce serait ingérable.
Quant à la multiplication des genres, c'est un épiphénomène, il me semble. Certes, ce qui nous arrive est brutal, comparé à l'évolution plus progressive de la taxonomie des animaux ou des plantes, car cette évolution avait commencé bien avant l'arrivée de l'ADN. Grâce aux fossiles, les phénomènes trompeurs de la morphologie ( convergence, etc..) avait été mis en évidence il y a belle lurette, et les lignées directement lisibles à partir des collections fossiles ont permit une adaptation en douceur de la taxonomie à la phylogénie, et ainsi d'éviter le choc culturel que nous vivons en mycologie.
L'ADN a d'un seul coup révélé aux mycologues que les caractères morphologiques étaient trompeurs, et que les entités sacrées telles que nos catégories friésiennes, étaient parfois mal foutues, voire totalement artificielles, et qu'il faut en fait un bon coup de balai pour remettre tout ça en ordre. Une fois ceci fait, on arrivera forcément à une situation taxonomique plus stable, à l'instar des autres branches de la biologie. Certes, la science n'avance pas en ligne droite, des nouveaux genres disparaîtront aussi vite qu'ils sont venus, d'autres les remplaceront, les travaux sont de qualité inégales, d'où une impression désagréable d'instabilité, mais ça, c'est également normal. Pas la peine de crier à la guerre sainte quand on ose diviser un genre en quatre, en science il n'y a rien de sacré.
Ce phénomène a déjà eu lieu ailleurs, et tout va bien. En zoologie ou en botanique, point de vaste genre "Friesien" avec des sous genres, des dizaines de sections et encore plus de sous sections, mais une multitude de genres comportant peu d'espèces, les genres monospécifiques n'y sont pas rares, les taxons infragénériques en voie de disparition. Ainsi le genre Linnéen "araignée" est devenu au fil du temps une famille, puis un ordre, sans scandale, et s'il faut prédire à l'horizon de quatre générations, il me semble que c'est ce à quoi il faut nous attendre. Des efforts de mémorisation en perspective.. 😆