Bonjour,
je pense avoir déjà expliqué sur ce forum la raison des noms français de champignons dans le guide cité, mais je m'y recolle. Ces noms français ne sont pas tirés du néant : ce sont ceux proposés par le comité des noms français de la Société mycologique de France*. Je suis d'accord avec vous que leur présence dans le texte, que j'ai pourtant réduite au maximum, est parfois gênante. Mais, d'un autre côté, je suis convaincu que la vulgarisation passe par là même si, pour les mycologues (français !!!!), c'est un peu compliqué... En outre, c'était aussi une demande de Belin de fournir, malgré la somme de connaissances accumulées, un ouvrage qui n’apparaitrait pas trop technique.
Pourquoi est-ce que je précise "français" ? Parce qu'il est facile de constater que dans beaucoup d'autres pays d'Europe non francophones des noms dans la langue du pays existent pour la grande majorité des champignons (Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, etc.) et que personne ne s'en plaint... bien au contraire, leurs sociétés mycologiques se portent beaucoup mieux que les nôtres. De là à y voir un rapport de cause à effet... En France, seuls les oiseaux ont tous des noms français et Dieu sait que les sociétés d'ornithologie, la SFO en particulier, ne sont pas déficitaires. Je sais bien que l'attrait des oiseaux est probablement supérieur à celui des champignons (quoique ?), mais force est de constater, nous en avons tous des exemples, que beaucoup d'amateurs sont rebutés par le latin, parfois définitivement, lorsqu'ils commencent à côtoyer des mycologues... et je ne pense pas que cela soit bon signe.
Ajoutez à cela l'inflation grotesque des terminologies pompeuses et autres néologismes inutiles, et vous faites de la mycologie une science rapidement inabordable (d'autres sciences souffrent de la même façon, comme la lichénologie par exemple). C'est dommage. J'ai choisi, de mon côté, d'utiliser un vocabulaire abordable, puisé dans la langue de tous les jours et dans un lexique spécialisé très réduit, et d'utiliser les noms français quand cela est possible : peut-être ce choix est-il mauvais, mais j'essaie de me convaincre du contraire.
Je ne dis pas que seul l'usage des noms français, encore une fois pénible pour moi aussi, pourra permettre de remonter les effectifs des sociétés mycologiques, je ne suis pas naïf. Mais je pense qu'un petit effort, qui ne coûte en définitif pas grand-chose, n'est pas inutile.
Amitiés, Guillaume.