Les piléocystides «vraies» s'observent avec soit du SBA (benzaldéhyde et acide sulfurique à 80%) soit avec de la sulfovaniline. Perso je préfère le SBA, plus efficace notamment dans le groupe des Xérampélines.
Il s'agit de mettre en évidence la présence - ou l'absence - d'éléments particuliers de la cuticule appelés dermatocystides, qui apparaissent alors en gris ou en noir dans la préparation.
Ces éléments, lorsqu'ils sont présents, montrent l'appartenance de ces espèces au groupe des «dermatocystidiées». Ça permet donc de bien se diriger lors de la détermination. A noter que beaucoup d'espèces âcres peuvent montrer des dermato SBA+ (R. cuprea ou firmula par exemple).
Les incrustations se mettent en évidence au moyen de la fuchsine de Ziehl et d'une décoration à l'acide chlorhydrique à 4%. Plonger un fragment de cuticule dans la fuchsine pendant 5 minutes, rincer à l'eau et décolorer à l'acide chlorhydrique. Les hyphes primordiales incrustées sont des éléments très longs, cylindriques, qui ont la particularité d'avoir un exsudat externe rouge très visible sous forme de gouttelettes plus ou moins rapprochées, lorsqu'on les observe dans cette préparation (voir R. amethystina par exemple). Ça permet, là aussi, de se diriger dans les groupes lors de la détermination. A noter que seules les espèces douces (sauf rubra et ochroleuca) montrent des hyphes primordiales incrustées, il n'est donc pas la peine de les chercher dans les âcres.
Certains autres éléments, notamment les poils, peuvent être aussi un peu incrustés, comme chez les integrinae.
Lorsque l'on a affaire à une russule inconnue, la première chose à faire est de la goûter. En fonction de la saveur, on recherchera alors soit des dermatos vraies (et SBA+) ou alors des hyphes primordiales incrustées.
J'espère que cela n'est pas trop difficile? Avec un peu de pratique, c'est très valorisant de mettre ça en œuvre!