Bonsoir,
En l'occurence dans le présent sujet il s'agissait de l'étymologie de termes mycologiques, mais l'étymologie des noms de genres ou d'espèces est la même chose : il s'agit bien d'étymologie, c'est à dire de chercher l'origine du mot, la ou les racines sur lesquelles il est construit. La seule différence est que le mot ne descend pas de ces racines par voie naturelle, il s'agit plutôt de fécondation artificielle : un jour un mycologue a cherché un nom pour des petits champignons tout fragiles, il a pris la racine grecque Mycos, y a ajouté un suffixe diminutif et une terminaison latine, féminine, ça s'imposait pour ces gracieuses petites choses, et ça a fait Myc-en-a. Un autre jour, un autre mycologue a voulu créer dans ce genre une espèce aux lames bordées d'orange, il s'est servi d'aurantio-, radical plus ou moins venu de l'italien (le mot orange n'existe pas en latin) que des collègues à lui avaient déjà utilisé, et y a accolé le latin marginata, qui par chance existait, ça a fait aurantiomarginata. Il ne s'agit pas de traduire des termes grecs ou latins comme tu dis car aucun de ces mots Mycena ou aurantiomarginata n'existe dans ces langues, il s'agit juste de savoir à partir de quelles racines ils ont été forgés.
Dans le cas présent, ça ne décrit pas trop mal le champignon, mais dans d'autres cas ça ne décrit rien du tout, c'est le nom de son beau-frère à qui il a dédié l'espèce, ou bien c'est devenu faux (Gyromitra esculenta). Comme a expliqué Guillaume, l'étymologie donne rarement une description, c'est tout juste une indication de ce qu'on a voulu dire à un moment donné. De même que tous les pavillons n'ont plus une forme de papillon, bien que cela en soit l'étymologie.
J'ai encore trop blablaté, je me tais.
Jplm