Jean-Luc Picard a écritLes appellations des odeurs sont parfois approximatives, mais elles sont surtout mnémotechniques: "odeur de suif", je comprends cela comme "odeur de Mycena inclinata". Inutile pour qui n'a jamais reniflé l'espèce, mais pratique pour la reconnaître au nez quand on l'a déjà sentie une fois.
Il y a des tas de champignons dont l'odeur n'est pas exactement celle que suggèrent les termes employés. Les termes sont juste là pour nous rappeler une odeur parmi toutes celles que notre cerveau a mémorisées...
Et inversement: je serais incapable de mettre des mots sur l'odeur de (Macro)Lepiota procera, mais elle a une odeur qui pour moi est typique.
Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable l'édifice immense du souvenir.
Je ne vous ferai pas l'affront de vous dire de qui c'est.
Jplm