Il est, en effet, peu sérieux de donner un nom qui, de toute, façon serait sujet à caution mais on peut donner, comme vous le demandez, quelques conseils.
Tout d'abord il s'agit bien d'un cortinaire. Il se reconnait par le présence d'une cortine, ie, une fine structure aranéeuse qui, dans la jeunesse, joint le haut du stipe au bord du chapeau et ainsi protège l'hyménium (les lames). Cette cortine finit par disparaître, d'où la nécessité de trouver des exemplaires encore très jeunes. Sur votre photo, on peut remarquer de fins filaments sur le pied, ce sont les vestiges de cette cortine.
Ensuite, il faut vérifier si le chapeau est plus ou moins visqueux. Cette viscosité peut être très faible et vraiment nette que par temps humide. Certains partiquent le test du baiser, Il ne s'agit pas de prouver son amour inconsidéré pour le règne fongique mais simplement de vérifier si les lèves collent tant soit peu au chapeau. Mais avec la pratique, on reconnait de visu s'il s'agit d'un cortinaire totalement sec, visqueux partout ou visqueux sur le chapeau seulement. Ici, sans poser les lèvres sur l'écran, on reconnait un cortinaire à chapeau visqueux que les spécialistes ou les snobs désignent sous le nom de Phlegmacium.
Ensuite, la couleur la plus intéressante est celle des lames. Là aussi, il faut des exemplaires parfaitement jeunes car, chez l'adulte, les lames prennent toutes des couleur brunes ou rouille. Ici, il semble que sur votre photo, elles soient jaunes, soit vraissemblablement un spécimen de la section Laeticolor. Il aurait été intéressant,, de plus, de fendre le champignon en deux afin de verifier qu'il n'y avait pas des nuances violacées, type C. xanthophyllus.
A remarquer ausi la forme du bulbe. Ici il est marginé, ce qui ne donne pas son nom mais élimine pas mal d'espèces.
Enfin, l'odeur doit être décrite avec précision car votre description aide peu. Il y a des odeurs très nettes comme l'anis, le DDT, le pelagonium...
Enfin, les vrais spécialistes, ce que je ne suis pas, testent tout une batterie de réactifs macrochimiques, tels que les bases, le nitrate, le phénol, le TL4... et j'en passe.
Vous comprendrez dans ces conditions qu'il est toujours possible de donner un nom à une espèce photographiée mais, dans ce cas, la marge d'erreur, peut être considérable ; ce qui rend cette détermination sans intéret. De surcroît, elle peut amener un débutant à retenir un nom erroné et propager ainsi cette incongruité.
Comme vous le comprenez, le procesus de détermination d'un cortinaire est fort simple mais arriver à un nom certain est chose difficile.