@[supprimé]
En ce qui concerne les différences d'apparence des lettres dans les imprimés de cette époque, c'est assez simple. On utilisait naturellement le plomb, et chaque lettre était fondue sur une hauteur très précise (ce qu'on appelait la "hauteur en papier") de façon à ce qu'à l'impression, il n'y ait pas de différence de pression entre tous les caractères d'une page. Une fois l'ouvrage imprimé, et par économie, les lettres étaient ensuite réutilisées plusieurs fois, et en fonction de la pression appliquée sur la totalité de la composition au fil des réutilisations, on se trouvait évidemment aléatoirement avec des lettres qui avaient peu servi et d'autres beaucoup. En outre, il n'était pas rare que des impuretés se trouvent sous la composition au moment de la mise en machine (la presse). Ce qui générerait donc une "hauteur" de lettre légèrement plus forte et donc un écrasement de ce qu'on appelle l'œil du caractère. Du coup, il prenait plus d'encre et donc paraissait ainsi plus gras.
J'ai très bien connu ces phénomènes, puisque quand j'ai commencé en 1973, j'ai commencé au plomb, un peu comme Gutenberg!
Pour la petite histoire, les affiches à l'époque étaient composées à l'aide de caractères en bois. Le bois s'écrase aussi au fil des impressions, et en tant qu'apprenti, on était chargé de compenser les différentes hauteurs en collant des morceaux de papier de différentes épaisseurs sous les caractères en bois… ce qui se faisait parfois directement en machine le jour du tirage !