Le R.C., il va en sortir une nouvelle édition mise à jour.
Oui, il va en effet sortir une nouvelle version, mise à jour, du livre de Régis. Cela dit, Régis va sans doute reprendre les noms de son référentiel, dans lequel il a pris le parti de ne pas suivre beaucoup de changements nomenclaturaux imposés par la classification phylogénétique. C'est son avis, ce n'est pas le mien, ni celui d'ailleurs de la grande majorité des mycologues mondiaux (voir la totalité des articles publiés depuis une bonne dizaine d'années, ainsi que les flores récentes, comme la Flora Nordica par exemple). Donc il va probablement y avoir pas mal de noms qui ne seront pas les mêmes dans son guide et dans le nôtre, tout en distinguant les questions nomenclaturales (comme Armillaria socialis) et taxinomiques (comme pour les coprins et les collybies, par exemple). Cela dit, cela n'enlève rien à la qualité de ce guide, qui va en outre faire le point, dans son introduction, sur toutes ces nouveautés systématiques.
Nous avons (Pierre et moi-même) choisi les noms en connaissance de cause, et après y avoir mûrement réfléchi : nous n'avons pas, par exemple, placé tous les Rhodocybe dans les Clitopilus, car il semble que cette position soit encore sujette à caution. Mais nous avons utilisé les derniers genres proposés pour les différents coprins et les collybies car, même si nous ne savons pas encore tout sur la classification de ces groupes et que certains noms sont encore susceptibles de changer, nous sommes convaincus que les progrès des connaissances doivent être relayés par les noms, qui sont leurs véhicules.
En ce qui concerne le genre Coprinus, il reste attaché au nom de l'espèce qui le typifie, soit ici Coprinus comatus (O.F. Müll.) Pers. C'est d'ailleurs parce que, coup de malchance, l'espèce-type du genre se trouve être beaucoup plus proche des Agaricus que des autres espèces du genre, que la grande majorité des anciens coprins a dû changer de noms. Il est vrai que, d'un point de vue formel, il aurait été possible de proposer un changement de type, ce qui aurait permis de garder le nom de genre Coprinus pour beaucoup plus d'anciens coprins qu'actuellement... mais je doute que ce changement de genre soit un jour proposé, et encore moins accepté (plus les années passent, plus l'usage se construit).
Amitiés, Guillaume.