Ce que je trouve très roboratif, c'est le fait d'aorder des sujets qui s'éloignent un peu de la simple détermination d'une espèce, toujours intéressante au demeurant. Je suis un être assez frustre et ignorant mais je suis aussi une sansue qui aspire les informations qu'on veut bien me donner.
Alors, lorsqu'on aborde un sujet un peu originale, je me régale. Comme Guillaume est un véritable puits de sciences, j'en profite.
C'est vrai que la détermination est l'activité essentielle de ce forum et, bien entendu, elle doit le rester. C'est la quintescence même de notre passion. Mais des sujets comme le vocabulaire scientifique mérite qu'on y consacre quelques instants car si la science crée son vocabulaire, d'une manière quasi didactique, le vocabulaire développe la science. C'est là un enjeu non négligeable qui conditionne la clareté et la précision nécessaires aux recherches.
Un vocabulaire spécifique n'est pas seulement indispensable à la bonne compréhension des phénomènes scientifiques, en ce sens qu'il est un outil indispensable au même titre que le microscope ou les livres, il implique aussi une véritable philosophie de la science en question. Les mots ne sont jamais bénins, ni neutres. Et, dans ce sens, ils peuvent être bénéfiques ou très dangereux quand on les manie sans aucun discernement.
Les phénomènes de mode dont nous avons parlé sont malheureusement inévitables du fait de cet aspect philosophique, souvent délaissé, dans la mesure où il n'impique pas seulement le travail mais la personne. C'est un moyen de se revendiquer d'une science ou d'une école. Ainsi, je ne suis pas sûr que ceux qui systématiquement emploient le dernier mot proposé ou la dernière combinaison avancée soient nécessairement de sots qui cachent leurs insuffisances derrière un vocabulaire pseudotechnique. Il y en a aussi de bons et même très bons...
C'est pourquoi, je suppose que la complexification de la science vient aussi du fait qu'on ne réfléchit pas assez à l'impact parfois négatif que le vocabulaire peut avoir.
Il serait fabuleux de pouvoir lire un essai historique et philosophique sur les interactions d'une science et de son vocabulaire.