D'accord pour l'hortographe, je me gourre constamment mais je ne crois pas que ces termes soient plus difficiles à comprendre que bien d'autres termes mycologiques qui ne doivent leur clareté qu'au fait qu'ils sont employés constamment (amyloïde, dextrinoïde et bien d'autres). Quant au sens, le préfixe privatif devrait éviter les inversions.
Le problème est que toute science crée son propre vocabulaire et du moment qu'un terme existe, il faut le caonnaître et si on le connait pourquoi ne pas l'employer ?
Le problème ne se pose pas en ces termes, ici comme ailleurs en mycologie (et dans d'autres sciences). Je tiens avant tout à dire que cette discussion est générale, et que tu n'es en aucun cas visé, Christian. La question est : que gagne-t-on à substituer des termes (ou expressions) largement connus et lexicalisés ("avec crochet" et "sans crochet") par d'autres termes (ou expressions) beaucoup moins immédiatement compréhensibles (pleurorhynque et aporhynque) ? Qu'est-ce que cela apporte au niveau de la clarté de la description, de la compréhension du vocabulaire descriptif et de la diffusion des connaissances en général ? Tu as raison en disant que toute science crée son propre vocabulaire, mais dans le cas présent, le vocabulaire était présent et largement lexicalisé depuis longtemps.
Si je réagis, c'est que ce phénomène de "mode" très prégnant actuellement dans notre langue, et en particulier en mycologie, et qui tend à découpler le progrès des connaissances des phénomènes de néologisme (les néologismes ne sont là que pour palier à l'insuffisance du vocabulaire, et pas pour créer des synonymes), est en train petit à petit de déstabiliser notre lexique, et que ceux qui en souffrent le plus sont ceux qui débutent, qui se sentent pour beaucoup complètement perdus en lisant une description "moderne", alors que cette dernière ne véhicule AUCUNE connaissance nouvelle par rapport à la même description publiée il y a ne serait-ce qu'une vingtaine d'année. Il y a fort à parier que, si nous ne réagissons pas, un mycologue de très bon niveau qui serait aujourd'hui endormi pour quelques décennies se réveillerait en ne comprenant plus rien aux descriptions de sa propre science, alors même qu'aucun progrès dans les connaissances n'aurait été réalisé. N'est-ce pas un peu... grotesque ?
Pour prendre quelques exemples au hasard de mes lectures, que gagne-t-on à écrire :
"Suprapellis, médiopellis et subpellis" à la place de "Epicutis, subcutis et hypoderme" ?
ou
"La diagnose princeps fait état de poils septés à l’apex et d’asques pleurorhynques" à la place de "La description originale fait état de poils cloisonnés au sommet et d’asques avec crochet"
ou (véridique !)
"Climax stationnel édaphique en oligotrophie" à la place de "Association végétale se développant sur un sol pauvre en éléments nutritifs" ?
Bref, je reprends ma conclusion précédente : rester simple dans le vocabulaire descriptif. On a tous à y gagner. Ainsi, cela fait tout de même maintenant de nombreuses années que je publie des descriptions en utilisant seulement le vocabulaire préconisé par Josserand dans on ouvrage la Description des champignons supérieurs. Suis-je pour autant dépassé, "has been" comme diraient certains, simplement parce que n'importe qui peut me lire et me comprendre, et que je préfère réserver mes efforts à écrire clairement ? J'en doute... En tout cas, personne ne s'est jamais plaint ! Mais il est vrai que la "mode" cherche "au jour d'aujourd'hui' à tout "complexifier" :-) Belle époque...
Amitiés, Guillaume.