Bonjour à tous,
je reprends mon clavier pour vous dire que mon absence actuelle du forum est beaucoup plus due à un excès de travail d'écriture (vous comprendrez à la rentrée 2010 🙂) qu'à l'envie de bouder, consécutivement à une "prise de bec" qui appartient au passé.
Je tiens tout de même à expliquer certains de mes messages, et notamment le dernier qui a inquiété certains d'entre vous, pas parce que je crois devoir le faire, mais par sympathie pour vous tous, membres fidèles de ce forum. Je tiens avant tout à dire que cette explication ne vise personne, et qu'elle n'est construite que sur des généralités.
J'ai, comme tout un chacun, quelques qualités et beaucoup de défauts. Se remettre en question, abandonner des hypothèses pour en accepter d'autres, parfois totalement éloignées de ce que je croyais fermement durant des années, fait partie intégrante de mon travail de chercheur. Cela ne m'a jamais gêné, et cela ne me gênera jamais. Par contre, si je me trompe, après avoir fourni maints documents et détaillé à plusieurs reprises l'ensemble de ma réflexion, je veux qu'on me le démontre, et par autre chose que par des opinions formées extemporanément, et soutenues par rien, ou par rien d'autre que d'autres opinions ou par des arguments d'autorité.
Globalement, je souhaite donc que l'on se donne la peine de produire le même effort que celui que j'ai fourni : si d'aventure cet effort bien mené mène à des conclusions opposées aux miennes, je l'accepterais sans autre forme de procès, et même avec reconnaissance (ce qui s'est d'ailleurs passé dans le cas qui nous a occupé, suite à un article qui était passé inaperçu, et qui réglait définitivement le problème). Si cet effort n'est pas fourni, soit par manque de temps, de connaissances, ou simplement d'envie de participer intégralement à la discussion, cela n'empêche pas de donner son opinion. Mais il faut être conscient de sa relative faiblesse, bien établie (entre autres) par Bachelard lorsqu'il écrivait " l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas ; elle traduit des besoins en connaissance."
Cela procède d'une confusion plus générale, qui transpire de la grande majorité des discussions que nous menons chaque jour, que ce soit sur ce forum ou ailleurs, et qui sans nul doute est un mal de notre temps : celle qui consiste à placer sur un même plan opinion et savoir. Cela ne signifie pas que le "savoir" est définitif et éternel, il peut se tromper, être incomplet ou avoir besoin d'évoluer (c'est même une des caractéristiques principales du savoir scientifique), mais il a sur l'opinion cet immense avantage d'être discutable selon des critères rationnels et objectifs. Cette confusion m'agace, pour ne pas dire plus, et explique (sans les excuser) quelques-unes de mes réactions, en particulier lorsque mes interlocuteurs font fi de ce que je tente de démontrer et tentent de m'expliquer que non, décidément, la démonstration n'a jamais rien démontré.
Pour conclure rapidement, ce genre de discussion me ramène toujours en mémoire cette aphorisme de l'écrivain allemand Georg Christoph Lichtenberg : « Une des applications les plus étranges que l’Homme ait fait de la raison est sans doute celle de considérer comme un chef-d’œuvre le fait de ne pas s’en servir." Une piste de réflexion, peut-être...
Amitiés, et à bientôt, Guillaume.