JLouis tu as l'esprit trop cartésien et je me permets d'exposer mon point de vue
Mycologue…une détermination tu tenteras…de la vérité scientifique tu te rapprocheras au mieux…finalement dans le doute toujours tu resteras…
La logique du oui-non , du 0-1 ,du vrai-faux, dite logique du binaire ne peut pas s'appliquer dans le monde vivant . Si l'algèbre de Boole s'applique bien au fonctionnement des ordinateurs , elle ne peut en aucun cas rendre compte de la complexité du monde vivant qui est un monde flou et auquel s'applique le Principe d'incertitude d'Heseinberg ou la théorie des sous-ensembles flous de L.A.Zadeh . Etre à la fois noir et blanc existe dans cette théorie , de même si vous laissez tomber une bille , dix fois elle partira vers le bas mais peut être que la onzième fois elle partira vers le haut (gravitation inversée ) . Tout cela pour dire que la philosophie positiviste d'Auguste Comte n'a pas court dans le monde vivant .
D'autre part la Nature évolue et le monde des champignons n'échappe pas à cette règle…alors faut-il nommer tous les individus que l'on rencontre et dont on ignore s'ils ne sont pas des "essais génétiques" sans avenir et appelés à disparaître ?Certes on sait aujourd'hui que l'évolution ne s'effectue pas de manière continue comme le pensait Darwin mais que des phases de stabilité succèdent à des phases de diversification…cela suppose l'existence d'espèces relativement stables à notre échelle temporelle et ce sont celles-là que l'ont peut déterminer sans trop de doute mais que faire en présence d'autres en phase plus ou moins active d'évolution ?
Déterminer un champignon ne relève pas de la science puisqu' on fait appel à des hypothèses préalables non maitrisées puisqu'elles dépendent de l'observateur et qu'en conséquence le résultat final n'a qu'une valeur relative . La science ne vient qu'après pour chercher à confirmer les hypothèses .
Les espèces qui ne s'écartent du type que par quelques caractères plus ou moins subjectifs doivent selon moi être intégrées au type .C'est une démarche féconde car elle brise le carcan booléen des clés dichotomiques en permettant une bien plus grande richesse de modèles capables d'expliquer la réalité naturelle . Si les concepts étaient invariablement et univoquement fixées , il n'y aurait pas de progrès scientifique possible .Une fois une chose dite , elle ne pourrait plus évoluer .
Les puristes objectent que , sur le plan de traitement par ordinateurs , on est obligé de repasser par l'alphabet binaire . Philosophiquement cette objection ne tient pas la route puisque c'est en dernier ressort la négation du manichéisme binaire qui justifie les sous-ensembles flous . Etre à la fois Amanite et Lépiote est possible dans une compréhension taxique floue mais ne l'est pas dans le cas de le cas de la Systématique booléenne actuelle .
La vicariance c'est à dire l'apparition de nouvelles espèces par le mécanisme de la spéciation , l'existence d'écotypes , individus dont les caractéristiques ont été modifiées pour une adaptation aux contraintes d'un certain milieu , une possible hybridation entre espèces très voisines pourraient expliquer le polymorphisme d'une même espèce qui déroute tant nos jeunes apprentis mycologues .
Quoi de plus déroutant pour un débutant de constater qu'un cortinaire comme Cortinarius obtusus peut être nommé par plus de 20 synonymes tels que Cortinarius scandens , C.adobtusus ,C.aureobtusus , C.fibulaobtusus ,C.flagellostriatus , C.obtusocrenatus , C.obtusorum , C.obtusotinctus , C.ovatosporus ,C.pallidostriatus , C.parvulobtusus , C.psathyrobtusus, C.pseudostriatulus , C.pulverobtusus , C.resectipes C.sterilobtusus,C.umbrinofoliatus…etc .
C'est ainsi qu'on est passé de la flore de Bertaux avec ses 163 cortinaires à des flores mentionnant plus de 3000 espèces et dans lesquelles personne ne s'y retrouve .