Je ne pense pas qu'il faille prendre ce jaunissement tardif des lames, vu l'état du spécimen, comme un indice probant...
Ce qui m'incite aussi à écarter R.luteotacta, c'est l'habitat... et divers caractères relevé ça et là dans les descriptions.
Dans le DM Clé monographique des russules d'Europe (1988) :
R.luteotacta var. luteotacta
Jaunissement net bien que souvent lent (parfois plusieurs heures). Chapeau 5-8(10) cm rouge vif parfois décoloré par taches blanchâtres et même entièrement blanchâtre (fo.alba), à marge incurvée irrégulière ou lobée à crénelée. Cuticule à peine séparable ou alors très rouge en dessous. Lames arquées, moyennement espacées, un peu crème ou à reflets grisâtres, souvent larmoyantes, à arête égale ou un peu crénelée (fo.serrulata). Stipe presque toujours lavé de rosé. Chair âcre, subinodore. Gaïac +++. Spores 7—8,5(9) x 6—7(7,5) µm. Taillis subhygrophiles, ornières ou bords de mares.
Dans le guide R.Courtecuisse :
Russula luteotacta
Ch->8em, rouge assez vif, décolorant à rose, crème ou blanc. Revêtement non séparable. L. peu serrées, arquées décurrentes, interveinées, blanches ou crème (I). St—>6×1,5cm, blanc, svt. lave de rose. Chair ferme, blanche, âcre. Jaunissement assez lent dans les blessures. Odeur faible. Feuillus humides.
Et enfin, dans le guide M.Bon :
Russula luteotacta
Ressemble un peu à R.fageticola mais avec une cuticule encore moins séparable, au bord seulement et couleurs parfois vite délavées, fortement mais lentement jaunissante, surtout au niveau des lames ou du stipe. Lames pentues à subdécurrentes, assez espacées, surtout dans la var.oligophylla (Melz.) J.Schaef. par ailleurs à marge crénelée. Stipe plutôt court, 3-5x0,8-1,5 cm, parfois lavé de rosé, à jaunissement vif mais souvent tardif, parfois 24 heures. Odeur nulle, âcreté moyenne. Taillis humides, souvent dans la boue des ornières ou au bord des mares. Spores 8,5×7 µm, subcristulées.