en botanique, lorsque l'on veut trop couper en 4 les cheveux sur les variations d'espèces, on appelle cela "méchamment" du Jordanisme :
Ce n'est pas méchant, c'est tout simplement idiot. Les personnes qui parlent encore de "jordanisme", de "lumpers" ou de "splitters" n'ont simplement aucune connaissance en biologie de l'évolution, et elles propagent des âneries qui brouillent la vision des personnes non initiées. Désolé de ce petit mouvement d'humeur, qui n'est absolument pas dirigé contre toi, mais j'avoue que j'ai cette même discussion des dizaines de fois par an, et que cela arrive à me lasser par moment 🙂 !
ne serait pas un cas de Jordanisme mycologique parce que honnêtement des champi quasi impossibles à distinguer macro et microscopiquement, c'est un peu louche ?
Ce n'est pas louche du tout, mais alors pas du tout. Il existe des centaines de cas prouvés d'espèces biologiques qui sont morphologiquement inséparables, ou séparables à partir de caractères très ténus, ignorés ou sous-estimés durant des décennies par des naturalistes qui, à partir de simples à prioris, ont jugé que ces caractères n'étaient pas informatifs. Evitons dorénavant de faire les mêmes erreurs, car leurs travaux sont totalement inutilisables... et je ne vous parle même pas de leurs herbiers.
Cette discussion revient globalement à répondre à la question suivante : tente-t-on de construire une taxinomie pratique, qui nous conforte dans la vision que nous souhaitons avoir de la Nature, ou bien une taxinomie qui rend réellement compte de l'évolution des lignées ? Pour moi, le choix est fait depuis fort longtemps...
Amitiés, Guillaume.
PS : que praecox ait, dans le guide de Marcel Bon, l'anneau ascendant ne change rien au raisonnement. De nombreux travaux ont eu lieu, depuis, sur le genre Agrocybe , qui ont rendu plus ou moins caduques les travaux précédents. Ci-dessous, détail d'un anneau typique d'A. praecox (descendant, strié sur la face supérieure).