Je sais que Régis utilise ce terme, et il n'est pas le seul... mais sans vouloir rentrer dans des explications linguistiques complexes (que je peux néanmoins donner si besoin), il se trompe pour la bonne raison qu'il est un excellent mycologue, et un très mauvais linguiste. La moindre des choses dans ces cas-là, et en particulier (et surtout) lorsque l'on est un scientifique, c'est de ne pas confondre opinion et savoir, et de se conformer à ce que ceux qui savent (pas parce qu'ils ont la science infuse, mais simplement parce que c'est leur métier) vous disent. Et, dans ce cas précis, tous les linguistes, les lexicographes et autres spécialistes s'entendent pour dire que ceux qui soutiennent "saprotrophe" contre "saprophyte" ont tort. L'affaire, me semble-t-il et dans un monde idéal, devrait être entendue depuis longtemps. Malheureusement, dans l'étonnant monde dans lequel nous vivons, il existe encore des gens pour vous dire que les preuves n'ont jamais rien prouvé... Un peu comme si un linguiste venait, du jour au lendemain et sans aucune connaissance, donner des conseils aux mycologues...
Le grand Gaston Bachelard mériterait d'être plus lu, lui qui écrivait il y a seulement quelques dizaines d'années « la science, dans son besoin d’achèvement comme dans son principe, s’oppose absolument à l’opinion […] ; de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas ; elle traduit des besoins en connaissance. » A méditer...
Amitiés, Guillaume.