Girolles a écritQuestion bête... Peux t-on quand même observer les champis ou les myxo avec les appareils que chacun soumet, sans faire de la microscopie ou bien, faut il aussi acheter un bino ? Est ce que ces appareils font les "2 en 1" ?
Bonjour Girolles,
Je ne suis pas sûr d'avoir compris ce que tu demandais.
Je vais répondre sur ce que je crois entendre...
Le microscope dans sa version "biologique" sert à observer de très fines préparations de champignons intercalées entre une lames de verre porte-objet et une fine lamelle couvre-objet. Plus la préparation est fine, meilleur sera le résultat. Ce n'est pas toujours facile de tailler très fin... Un liquide transparent, eau ou produit colorant ou coloré baigne le fragment de champi entre lame et lamelle, où il ne faut pas qu'il y ait de bulles d'air. Si le liquide baignant la préparation peut être de l'eau pure, on peut aussi trouver des procédés plus ou moins complexes de traitement du fragment champignonesque, en vue de :
- le "regonfler" s'il a été pris sur un champignon sec gardé pour les longues soirées d'hiver ("exsiccata") : ammoniaque...
- le rendre plus transparent, avec des "éclaircissants" : potasse, hydrate de chloral...
- le colorer : rouge congo, bleu de méthyle (bleu coton), iode-ioduré
- en faire une préparation durable, en remplaçant l'eau par une substance non volatile, ou en "luttant", c'est-à-dire en mettant une sorte de ciment étanche sur les bords de la lamelles : paraffine, vernis à ongle, baume du Canada...
Pour des ascomycètes, on peut déjà travailler au grossissement X200, car les éléments à observer sont plus gros que chez les basidiomycètes où il faut utiliser rapidement le X400 ou le fois X1000.
Les grossissements X40 et X100 sont surtout utilisés pour repérer et centrer sur les parties intéressantes de la préparation avant de passer à de plus forts grossissements.
Tout comme pour les champignons, le microscope sert à observer les éléments microscopiques des myxomycètes.
Mais les myxomycètes étant souvent de petite taille, quelques millimètres, il est plus facile de les observer avec une loupe binoculaire, qu'avec les yeux nus, et cela se fait sans aucune préparation. Simplement en posant le myxo et son petit support de bois, d'herbe, de terre sous la loupe, sans rien avoir à couper, ni à mettre sous verre avec un liquide. C'est d'autant plus pationnant qu'on peut observer parfois, quand le myxo est jeune, des mouvements "péristaltiques" dans la masse gluante...
La loupe binoculaire grossit en général de X10 à X40 ou X50, et jusqu'à X100 avec une bonnette d'approche X2.
Sa distance de travail est bien plus grande que celle d'un microscope : il y a de 10 centimètres à 2 centimètres entre la lentille frontale de la loupe et l'objet observé, selon le grossissement utilisé (contre environ 1 millimètre au grossissement X400 d'un microscope, et bien moins au X1000). Cette grande distance permet d'utiliser la loupe comme un auxiliaire de nos yeux pour faire des observations, et pour faire des travaux tels que de fines coupes qui serviront ensuite dans des préparations pour le microscope.
Que ce soit un microscope ou une loupe, l'instrument d'optique peut être pourvu d'un troisième tube dit "tube photo" en vue de permettre la réalisation de clichés avec un appareil photo ou de positionner une caméra analogique ou numérique.
L'observation des champis au microscope biologique se fait donc principalement par diascopie (la lumière passe à travers la préparation, comme à travers une diapositive), tandis que la loupe sert surtout à une observation par épiscopie (on voit "par dessus", c'est la vision naturelle, finalement).
Bien le bonjour à Girolle, le chat ;O)[/b][/color]