Sans doute pas plus que chez les Russules ou les cortinaires. Encore une fois je revient a dire que si le nombres d'espèces de ces genre évolus sans cesse c'est parce qu'il y a des Russulologues ou des Cortinariologues...a chaques point rouge son espèces...un poils sur le pied...son espèce...c'est tout simplement grottesque !
Tout d'abord, Jean-Louis, cette phrase est très largement caricaturale, mais je ne m'attarderai pas dessus, pensant qu'il s'agit plus d'une boutade que d'une conviction née d'une réflexion approfondie et renseignée.
Ensuite, et surtout, la question n'est pas là. A l'aide de nos outils d'identification, les morphologistes que nous sommes tous ici ne peuvent qu'émettre des hypothèses : tel ou tel taxon est une espèce à part entière, tel ou tel autre n'est qu'une sous-espèce, une variété ou une forme, en prenant en compte des caractères que l'on juge, subjectivement, comme étant taxinomiquement informatifs dans le cadre conceptuel et cognitif qui est le nôtre à l'instant où l'on décrit le taxon en question. Et quand je dis "ne peuvent qu'émettre", ce n'est pas du tout réducteur, et surtout c'est déjà ENORME, car ce sont ces hypothèses que l'on peut "tester" à l'aide de méthodologies objectives telles que celles que nous possédons depuis quelques dizaines d'années (pour faire court, la biologie moléculaire des acides nucléiques).
Dans le cas présent, l'hypothèse qu'avait proposée nos spécialistes en tricholomes (quoiqu'ils furent loin d'être d'accord entre eux), étaient qu'il existait plusieurs tricholomes auteur de T. terreum, et notamment myomyces et gausapatum. Cette hypothèse a été testée, et a été infirmée. Il ne sert donc à rien de lutter, il faut donc l'accepter, c'est ainsi : les trois taxons que nous peinions bien souvent à reconnaître (y compris Marcel Bon lui-même) ne sont très probablement que des variations d'un seul et même taxon.
En ce qui concerne les cortinaires, puisque tu as l'air de les apprécier particulièrement 🙂, sache que rien n'est couru d'avance. En effet, une équipe suédoise a démontré, dans les Calochroi et alors (anecdote amusante) qu'elle avait largement critiqué les français "pulvérisateurs", qu'il existait encore plus d'espèces que ce qui était décrit... c'est l'inverse avec le groupe de Cortinarius atrovirens (les "gros phlegmaciums verts"), où certains caractères pourtant évidents semblent taxinomiquement non informatifs.
Je sais bien que, parfois, c'est difficile à croire, et encore plus souvent difficile à accepter. Mais c'est ainsi...
Guillaume.