Ce n'est pas naïf du tout. Certains biologistes, comme Edward O. Wilson, par exemple, soutiennent que l'on peut parler d'espèce à partir du moment ou une barrière, peu importe sa nature (donc géographique par exemple), a rompu le flux de gènes : c'est une conception évidemment soutenable. Mais on peut aussi démontrer, et le mycologue Ronald H. Petersen s'y emploie depuis longtemps, que nombre de champignons que l'on retrouve un peu partout dans le monde, comme par exemple Schizophyllum commune, forment des populations qui, si elles sont effectivement génétiquement différentes et donc que leur divergence a débuté, sont encore interfertiles : il est donc difficile, dans ces conditions, de parler d'espèce, et le concept de sous-espèce est bien adapté.
De plus, nombre d'articles démontrent que la barrrière génétique d'interstérilité apparaît à peu près n'importe quand, et qu'elle n'est pas nécessairement accompagnée de variations morhologiques : le cas des "espèces jumelles", par exemple, est évidemment troublant (il en existe dans les psathyrelles, notamment).
Bref, les morphologistes que nous sommes ont de beaux jours devant eux !
Guillaume.